Benoît Perrier

Je suis journaliste et critique indépendant.

I am a freelance journalist and critic.

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  • June 10, 11:00 AM

    Joyeux bazar cherche public (10 juin 2010, Le Courrier)

      
     BENOÎT PERRIER

    GENÈVE - Deux jours gratuits d'art contemporain et de musique, ce week-end, dans la rue Lissignol et ses appartements.
    Mettre l'art dans la rue, et le public avec, tout en investissant des espaces habituellement privés: voici un instantané du contenu de Baz'Art, manifestation qui anime dès demain la rue Lissignol à Genève. Au programme, des propositions d'artistes locaux qui interrogent, entre autres, le couple espace public et espace privé, une thématique judicieuse dans une rue dont les numéros 1-3 et 8 fêtaient l'an dernier vingt années d'habitat collectif (Le Courrier du 13 juin 2009). Une juxtaposition d'oeuvres, de lieux et de personnes qui entend «brasser large, de tout, de rien», plaisante la coordinatrice culturelle de l'événement, Simone Aubert. Et entre les 67 artistes et musiciens invités, les nombreux concerts, projections ou performances, il est vrai qu'on risque la désorientation.


    Laver son linge sale en public

    Mais guetter un heureux hasard est une manière pertinente d'aborder l'événement. Nombre d'installations s'imposeront ainsi directement au public, comme Mar'hell de Capucine Maréchal, une méga-marelle à la dimension ludique assumée, montant de Highway to Hell à Stairway to Heaven. «Nombre de créations font des clins d'oeil à l'enfance», remarque Simone Aubert, qui espère les voir nombreux ce week-end. Au-dessus de leurs têtes, La grande buée de Reto Crameri: un réseau de cordes à lessive tendues entre les immeubles – dispositif traditionnel projetant l'intime à l'extérieur – qu'habitants et visiteurs sont invités à employer.
    D'autres oeuvres se présentent à l'intérieur des immeubles: Yvan le Hyaric expose un pigeon géant (pour partie, une réflexion hyperlocale sur la vie à Lissignol) dans la cour du 8-10, quand Claire Mayet monte un ossuaire de céramique dans l'entrée du 1-3, Nadine Jacquet installant dans la cave de la même allée son Phénomène naturel (matériau: lumière céleste).
    Dans les appartements, on écoute des concerts intimistes, de musiques qui ne le sont pas forcément. Citons le violon amplifé d'Agathe Max, les valises sonores de Cédric Hoareau ou le rock seventies déglingué de Gonzo et Mr Wonkey Man. Tout cela sans compter, bien entendu, un «off» fait de propositions non portées au dépliant officiel. Comment donc s'y retrouver? C'est le rôle d'un point d'information, animé par les organisateurs, renseignant les participants; un centre névralgique, accoudé au bar du Baz'Art (tenu par l'équipe du Cabinet) qui, bien logiquement, reconstitue un appartement... à l'extérieur.
    Qu'oublie-t-on? Entre autres, force projections, un kaléidoscope géant et une visite-performance immobilière des lieux baptisée Appartement témoin, ou encore la possibilité de contribuer à un fanzine participatif, réalisé dans les locaux d'une ex-imprimerie. Ouf! I
    Note : Baz'art, manifestation gratuite sa 12 et di 13 juin, rue Lissignol, à partir de 13h. «Point d'info» dans la cour du n°8. www.baz-art.ch

    Paru le 10 juin 2010 dans le Courrier.
    Photo CC-BY-NC nicolasnova

     

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  • May 26, 11:00 AM
  • May 03, 11:00 AM

    Cartographe d'un temps qui bascule (3 mai 2010, Le Courrier)

       PROPOS RECUEILLIS PAR BENOÎT PERRIER    

    ÉCOLOGIE - Figure du mouvement de la décroissance, Serge Latouche relativise la notion d'économie et nous exhorte à abandonner le productivisme. Echange avec un penseur radical qui se garde bien d'être gourou.
    Théoricien de la décroissance, ce courant de pensée qui prône, entre autres, une réduction volontaire de la consommation d'énergie et de matières premières, l'économiste Serge Latouche était jeudi à Genève pour un débat intitulé «décroissance ou développement durable» (un événement qu'organisaient EcoAttitude, le Réseau objection de croissance et l'association des étudiants en sciences politiques et relations internationales). L'occasion d'explorer la relation entre son plaidoyer pour une nouvelle société et la réalisation politique de ce projet. Rencontre avec un utopiste pragmatique(1).


    Selon vous, le développement durable n'existe pas?

    Serge Latouche: Non. C'est une contradiction dans les termes, un oxymore [il rit]. Le développement n'est pas durable: il est la transformation qualitative de la croissance, or celle-ci n'est pas durable: nous vivons sur une planète aux ressources finies, ce qui est incompatible avec une croissance infinie. Cela dit, plus que la croissance elle-même, c'est notre «société de croissance» qui est en cause, une société fondée sur une croissance pour elle-même, illimitée, et non faite pour satisfaire des besoins.


    En 2005, vous écriviez que toute votre oeuvre tournait autour de la notion de «l'invention de l'économie»...

    Ah oui, il est important de «casser» le schéma de pensée dans lequel l'économie est une chose naturelle, éternelle et universelle. Au contraire, elle est à la fois très récente dans l'histoire et très limitée dans l'espace. Nous vivons la fin d'une période historique, une mutation civilisationnelle. Après une ère religieuse, c'est aujourd'hui l'ère économique qui s'achève. Quelle sera la suivante, je ne le sais pas.


    Par ailleurs, pour éviter une catastrophe écologique et sociale, il faut abandonner la pensée productiviste. Voyez-vous une force politique prête à le faire, voire à aller dans le sens de la décroissance?

    Organisée ou institutionnalisée? Non, aucune, elle est à créer. Pourtant dans tous les mouvements politiques, il y a une fraction de militants acquise aux idées de la décroissance. Mais ils sont seulement une petite frange, y compris chez les Verts, ce qui est incroyable. L'écologie politique est à l'origine de leur démarche et a donné naissance au projet de la décroissance, ils auraient dû naturellement porter celui-ci. C'est parce que les Verts ont failli à leur mission qu'il a été nécessaire de créer le mouvement décroissant. Du moment où ils ont intégré le jeu de la politique politicienne, ils sont passés du compromis à la compromission, ils sont devenus gestionnaires du système. Des ministres de l'Environnement ont cautionné la construction de centrales nucléaires, d'autoroutes, de TGV, tout ce contre quoi les écologistes se battent.


    Et, personnellement, quels compromis êtes-vous prêt à accepter?

    Sur cette question, je juge très importante la distinction qu'établit le sociologue allemand Max Weber entre le savant et le politique: le premier obéit à l'éthique de la conviction, le second à l'éthique de la responsabilité. Il ne faut pas mélanger les genres. Je comprends qu'il faille des gens en politique et je les respecte; mais la politique ne se fait pas sans compromis, là où la pensée a des exigences de rigueur et de conviction qui ne les permettent pas.


    Soit, mais vous ne pouvez pas nier que la décroissance propose aussi un projet politique.

    Pour moi, la limite est l'engagement dans un parti. Si vous passez cette frontière, vous héritez d'obligations partisanes et vous vous engagez dans la politique politicienne. J'en parle souvent avec Yves Cochet (député vert à Paris, «décroissant», ministre de l'Aménagement du territoire et de l'Environnement en 2001 et 2002, ndlr). Il gère bien ses contradictions mais son engagement politique l'amène à avaler des couleuvres que je ne n'avalerais pas; que je refuse de me mettre en situation d'avaler. Ce n'est pas mon rôle.


    Cependant, la décroissance a récemment fait irruption dans le discours des hommes et des femmes politiques, plutôt comme repoussoir que comme proposition, et souvent en déformant son concept jusqu'à le rendre méconnaissable. Comment y réagissez-vous?

    Nous faisons tout ce que nous pouvons pour dénoncer les contresens, volontaires ou involontaires, que propagent les hommes politiques au sujet de la décroissance, même si nous n'avons pas accès aux grands médias. Cela dit, ce phénomène est une forme de reconnaissance qu'il y a un problème, et il peut inciter le public à s'informer et s'interroger.


    Y a-t-il là une chance à saisir? Dans votre exposé jeudi, vous avez défendu l'existence de «moments où les utopies prennent corps». Pensez-vous que nous vivions une telle situation?

    Nous sommes à un tournant historique, où une fenêtre s'ouvre – ce que les Grecs appelaient kairos, ce temps où les choses basculent. Le projet de la décroissance se matérialise d'ailleurs déjà, à différents endroits, à différentes échelles. Que ce soit en Amérique latine où la nouvelle Constitution équatorienne prévoit des droits pour la nature, dans certaines villes, certaines communes ou certaines régions, il y a déjà des commencements de réalisation.


    Votre conviction et la radicalité de votre discours prêtent à celui-ci un aspect prophétique. Etes-vous gêné de devoir jouer au gourou?

    Je gère cela assez bien. Mais, effectivement, dès qu'on commence à défendre des idées nouvelles, même si on les argumente de façon rigoureuse ou rationnelle, on ne peut pas ne pas jouer à son insu le rôle d'un prophète. Il s'agit d'en être conscient et de ne pas en abuser. J'ai toujours refusé les invitations à prendre la tête d'un parti ou d'un courant. Je respecte l'autonomie des gens. Je l'ai toujours dit, je suis opposé à la constitution d'une internationale de la décroissance. Aujourd'hui, il y a des mouvements un peu partout dans le monde, avec leur diversité et des approches différentes.


    Ces variations ne vous inquiètent-elles pas?

    Non, j'y suis entièrement favorable. Nous voulons sortir d'un monde unidimensionnel dont l'économicisation et la marchandisation ont détruit la diversité. Si nous sortons de l'impérialisme de l'économie, ce n'est pas pour «retomber» dans un nouvel impérialisme, c'est pour redonner place à la «pluriversalité» [lire ci-dessous]. Je n'irai pas parler de décroissance en Afrique, cela n'a pas de sens. Mais y créer une société d'abondance frugale, une démocratie écologique ou une société soutenable sont des objectifs complètement souhaitables. Les peuples africains doivent cependant le faire avec leurs propres valeurs, leurs propres instruments et leurs propres conceptions. Je souhaite que les gens s'emparent de mes idées et les adaptent à leur propre réalité. I
    1 Cette conférence-débat écoutable sur le site de lachaine.ch


    «Nous étions les missionnaires d'un nouveau culte: celui de l'économie et du développement»

       PROPOS RECUEILLIS PAR BPR    

     

    Comment, en tant qu'économiste, avez-vous été amené à penser en dehors, ou à côté, de votre discipline?

    Cela tient en partie à mon itinéraire personnel. Au début des années 1960, frais émoulu de l'université, je suis parti en Afrique comme expert en développement. En parallèle, j'étais passionné par les cultures africaines, j'avais du Claude Lévi-Strauss dans mes bagages. Je me suis trouvé dans une situation schizophrénique: la semaine, j'étais un économiste productiviste «pur et dur» qui donnait des cours sur la planification, le week-end, j'allais en brousse avec une mentalité d'ethnologue, sans lien entre les deux.


    Alors que ce dialogue entre économie et ethnologie est au centre de votre production.

    Oui, un lien qui a commencé de se forger au Laos. J'y ai «perdu la foi»: en 1965-1966, j'ai observé une société qui n'était ni développée ni sous-développée. Elle était particulière, un peu hors du temps. Ce n'est pas que les Laotiens n'avaient pas de problèmes, notamment avec la guerre du Vietnam, mais la population des villages était très sereine. Elle vivait autour de la pagode et «écoutait le riz pousser» – autrement dit, une fois le riz semé, on attend qu'il pousse, on organise des fêtes. J'ai alors compris que le développement allait détruire, non un paradis, mais une société où les gens paraissaient heureux. Le développement est une forme de religion, nous étions les missionnaires d'un nouveau culte: la religion de l'économie. Elle allait rendre cette population malheureuse, lui créer des besoins qu'elle n'avait pas, sans lui donner les moyens de les satisfaire.

    Et comment cette intuition s'est-elle précisée?

    Rentré en France juste avant Mai 68, j'ai trouvé un poste à l'université de Lille où on m'a prié de donner un cours de philosophie économique, une demande des étudiants. Je devais avoir une prédisposition, cela m'a passionné. Je n'avais pas eu l'occasion de développer mes idées jusque-là et je me suis livré à une réflexion sur ce qu'était l'économie politique, ce qu'étaient les fondements de l'économie. L'enseignement s'est par la suite intitulé «épistémologie de l'économie politique». Je me suis alors approché de gens qui avaient des démarches parallèles. Dans les années 1970, nous étions une petite Internationale qui comptait des Suisses, comme Gilbert Riest ou Marie-Dominique Perrot. Nous avions en commun d'être liés directement ou indirectement à Ivan Illich. Mais j'étais le seul économiste, et le seul à évoluer dans ce champ. Tous les autres étaient sociologues, anthropologues, philosophes, politologues.

    Autre «emprunt» disciplinaire, votre oeuvre (notamment Entre mondialisation et décroissance, l'autre Afrique) fait un recourt fréquent à la notion de pluriversalisme. Qu'entendez-vous par là?

    Je refuse le concept d'universalisme culturel, ce qui ne veut pas dire que je sois contre une unité du genre humain, mais cette unité se manifeste dans la diversité. Les aspirations universelles des hommes prennent toujours des formes différentes. Le philosophe indo-catalan, Raimon Panikkar a développé l'idée d'équivalent homéomorphique: dans toute société humaine, il y a des aspirations à la dignité, à la justice, entre autres, mais elles prennent des formes totalement différentes. Il donne l'exemple des droits de l'homme, une construction occidentale qu'on retrouve sous l'aspect du dharma dans la philosophie indienne ou du li dans le confucianisme. PROPOS RECUEILLIS PAR BPR



    Serge Latouche est professeur d'économie. Membre du comité de rédaction de la revue Entropia, il a écrit de nombreux ouvrages, notamment:
    >Le temps de la décroissance (avec Didier Harpages), Thierry Magnier, 2010.
    >Petit traité de la décroissance sereine, Mille et une nuits, 2007.
    >L'invention de l'économie, Albin Michel, 2005.
    >Survivre au développement, Mille et une nuits 2004.
    >L'Autre Afrique: entre don et marché, Albin Michel, 1998.
    BPR

    Paru le 3 Mai 2010 dans Le Courrier.
    Photo: Serge Latouche à Udine (Italie) en 2009, CC-BY cinemich

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  • April 16, 11:00 AM
  • April 01, 11:00 AM

    Le grand fracas des particules élémentaires (1er avril 2010, Le Courrier)

    BENOIT PERRIER    

    PHYSIQUE - Mardi, au CERN, les physiciens fêtaient les premières collisions dans l'accélérateur LHC. Ce résultat, fruit du minutieux ballet de milliers de scientifiques, laisse présager une meilleure compréhension de l'univers. Reportage.
    «C'est aujourd'hui qu'on disparaît?», demande le chauffeur du bus qui emmène les journalistes vers l'expérience CMS. De fait non, du moins pas tout de suite. Pourtant le Grand collisionneur de hadrons (LHC), le nouvel accélérateur de particules de l'Organisation européenne pour la recherche nucléaire (CERN) a bien démarré son programme mardi. La puissance de cet appareillage lui permet de produire des phénomènes jamais vus jusqu'alors et porte en lui la possibilité d'une remise à plat ou d'une extension de notre conception physique de l'univers. Dans l'anneau de 27 kilomètres qui court sous la frontière franco-suisse, les premières collisions de protons ont été enregistrées à une énergie de 7 Teraelectronvolts (quarante fois la masse du quark top, plus lourde particule jamais produite). Elles signalent le démarrage de dix-huit à vingt-quatre mois d'expérimentations. Avant ce travail pourtant, la confirmation que ce gigantesque appareil fonctionne sans accrocs –malgré deux faux départs – était un soulagement et une fierté pour les chercheurs présents.
    Nous sommes au centre de contrôle de l'expérience Compact Muon Solenoid (CMS), l'une des six qui constituent le programme de recherche du LHC, il est à peu près 7 h. Les moniteurs se comptent par dizaines, devant eux des physiciens disposés en demi-cercle. Des webcams presque aussi nombreuses nous relient aux laboratoires partenaires, de l'Iran aux Etats-Unis.
    Albert de Roeck a l'air affable, mais pour le moment il est un peu préoccupé. Le faisceau de protons qui courait dans le LHC a été «perdu» (par la faute d'un transformateur défectueux, apprendra-t-on plus tard). Il faudra deux à trois heures pour atteindre la fin du cycle avant de pouvoir recommencer.


    Des données de qualité

    Le porte-parole adjoint belge décrit le détecteur CMS. Il doit son nom à son élément principal, un aimant solénoïde extrêmement massif et compact (15 mètres de diamètre, 21,5 de long pour 14 000 tonnes). L'appareillage servira à chercher la «nouvelle physique». Il pourrait aider à comprendre le mystère de la matière noire (cette majorité de la masse qui compose l'univers que nous ne détectons pas), à l'aide du LHC dont les collisions peuvent produire des particules qui n'ont plus existé depuis le Big Bang.
    CMS a un homologue, l'expérience ATLAS, qui investigue les mêmes phénomènes, mais avec une technologie complètement différente. Cette présence de deux expériences complémentaires est une pratique standard et permet de confirmer les résultats obtenus.
    La contribution de Camilo Carillo, doctorant colombien, est double. Théoriquement, il a bâti une analyse qui permettra d'identifier les particules d'un nouveau type si elles sont produites; plus prosaïquement, il est l'un des responsables du spectromètre à muon. Il fait partie d'une équipe qui oeuvre dans la physique exotique. Cent personnes, peut-être plus, la composent. «La physique, ça ne se fait pas tout seul. Nous attendons des années de données, et dans ces 400 millions de collisions par seconde (une fréquence que l'accélérateur pourrait atteindre en 2011, ndlr), j'en trouverai peut-être une, un événement qui recèlera la signature que je cherche.»
    Une grande part des particules que l'on cherche ici ont une durée de vie si courte qu'on ne peut les observer directement. On peut par contre enregistrer les résultats de leur décomposition ou les interactions qu'elles ont suscitées autour d'elles, leur signature.
    «Des résultats révolutionnaires, c'est facile à trouver avec un détecteur défectueux», assène pour sa part Jessica Levêque, chercheuse française au CNRS. Depuis janvier 2007, elle travaille à plein temps au sein de l'expérience ATLAS. Son activité recoupe sa préoccupation d'obtenir de «bonnes données», elle oeuvre en partie pour la division data quality d'ATLAS, des techniques qui permettent de déterminer très vite si l'observation en cours est valable, plutôt que d'attendre huit heures avant de l'abandonner.


    Pour l'amour de l'art

    Le faisceau est perdu pour la deuxième fois ce matin. Contrairement à ses collègues, la scientifique est impatiente et soupire: «l'ordre du jour des 'gens de l'accélérateur' est parfois difficile à suivre.» Il y a en effet trois types bien différents de physiciens au CERN, les physiciens théoriques, leurs homologues expérimentateurs et les pilotes de l'accélérateur. En l'occurrence, ces derniers donnent le la.
    Etre une femme dans cet univers? «Ici je suis une physicienne. J'ignore pourquoi les filles se dirigent vers les sciences dures, mais c'est un domaine privilégié puisqu'on est jugé sur la seule compétence.» Didar Dobur, en postdoctorat à l'université de Floride, n'est pas d'accord. «C'est quand même un domaine à dominante masculine, et où il est compliqué d'avoir une famille.»
    La salle de contrôle d'ATLAS fourmille, les aimants continuent de monter en puissance. «On ne peut pas les presser», explique Michael Barnett, du Berkeley National Laboratory en Californie. Après la perte du faisceau, il faut continuer à accroître l'énergie qui les alimente, avant de pouvoir la diminuer et de recommencer un essai.
    D'ici là, la description que le chercheur donne des domaines physiques qu'ATLAS pourrait approfondir donne le tournis: identifier la matière noire, prouver l'existence de dimensions supplémentaires (peut-être minuscules), trouver le fameux boson de Higgs (cette particule qui pourrait expliquer d'où provient la masse et, partant, la gravité). Avancer peut-être sur le chemin de l'unification des forces (la formulation d'une théorie qui s'applique aux quatre forces en jeu dans l'univers: la force gravitationnelle, la force électromagnétique, la force faible et la force forte).
    Michael Barnett est le premier scientifique rencontré qui emploie les mots «beauté» et «poésie». Un peu rêveur, il souligne la portée esthétique de l'événement. Espiègle, il veut pour preuve de l'importance de cette dimension que les physiciens aiment habituellement «l'art, le chocolat, la musique et la gastronomie chinoise».
    On lui laisse la responsabilité de sa conclusion, mais on ne peut pas prendre en faute la taille de son échantillon. Pas moins de 2900 scientifiques de près de 200 universités et 37 pays participent à ATLAS, une entreprise démarrée il y a seize ans. Et la métaphysique dans tout ça? Pour Jessica Levêque, le terme est suspect. «La métaphysique, nous la faisons reculer. Nous repoussons la limite où commence la spéculation.»


    Le facteur cravate

    Vers midi, retour au poste de pilotage de CMS, le faisceau est stable à 3,5 TeV. Tout est prêt pour la collision. Les professionnels sont concentrés, l'anticipation parcourt l'air. D'un coup, autour de 13 heures, les scientifiques se lèvent et applaudissent: la première collision est enregistrée. Mais l'éclat est bref, tout le monde reste à son poste. Quelques minutes plus tard, l'événement est confirmé.
    Champagne. Cette fois-ci la joie et l'enthousiasme sont palpables. Oliver Buchmueller de l'Imperial College: «C'est génial, simplement génial. Après tout ce temps... Et nous pouvons reconstruire l'événement quasi en direct» (à la conférence de presse, le porte-parole de CMS, Guido Tonelli, expliquera que des analyses qui auraient pris des mois sont maintenant réalisées en quelques heures, ndlr). Camilo Carillo rayonne, il avertira bientôt sa famille par email. Albert De Roeck a tombé la cravate. Il explique ainsi l'échec des collisions plus tôt le matin: «Quand je la mets, ça ne marche pas». I


    «Cela m'étonne parfois que ça fonctionne»

       PROPOS RECUEILLIS PAR BENOîT PERRIER    

    Le professeur Allan Clark est à la tête du Département de physique nucléaire et corpusculaire à l'université de Genève. Partie prenante de l'expérience ATLAS du CERN, il plante le décor de la nouvelle phase de recherche qui a démarré avant-hier.


    Qu'attendre des premières mesures qui seront réalisées dans l'accélérateur de particules LHC?

    Allan Clark: Qui sait? Les collisions seront de faible intensité pour commencer, mais tous les événements qui se produisent à ce niveau d'énergie sont intéressants. Nous analyserons ces premières collisions le plus vite possible. Dans l'immédiat, nous attendons de mesurer et de comprendre les interactions connues avec ces nouvelles données de haute énergie.


    Après dix-huit mois d'expériences à 7 Teraelectronvolts et un arrêt d'un an, il est prévu de passer à 14 TeV. Qu'apportera cette montée en puissance?

    Plus haute est l'énergie, plus grande est la profondeur de sondage dans la particule, et plus haute la masse des particules qu'on pourra produire. Des collisions à 14 TeV nous donneront donc accès à des particules de très haute masse, si elles existent. Sans compter qu'il y a des événements qui se produisent déjà à 7TeV qui ont plus de probabilité de se produire à 14TeV.


    Les précédentes expériences réalisées au CERN ont-elles modifié le monde qui nous entoure?

    Les expériences en elles-mêmes ont accru notre connaissance, apporté une valeur intellectuelle, ce qui est important. Maintenant, si nous parlons d'applications concrètes, les détecteurs utilisés dans les scanners médicaux sont, par exemple, basés sur des développements en physique des particules: il s'agit des mêmes principes de détection et d'acquisition des données. Et je n'ai pas besoin de vous parler du World Wide Web inventé au CERN, même si ce n'est pas un produit direct de notre recherche.


    La puissance du LHC nous emmène loin: jusqu'à une révolution théorique?

    Le Modèle Standard pourrait être développé. D'une part, nous espérons une explication de la masse des particules à l'intérieur de ce cadre, ce qu'apporterait la découverte du boson de Higgs. Ensuite, nous savons depuis les expériences du LEP au CERN et des collisionneurs au Fermilab (Chicago) et à Hambourg que le Modèle Standard des interactions fondamentales fonctionne vraiment bien: rien ne suggère qu'il n'est pas correct. Mais il y a une petite incohérence: on a découvert que les neutrinos ont une masse, contrairement à ce que prédit le modèle. Cela exige son extension. D'ailleurs, les physiciens théoriques savent que plus grande est l'énergie de collision, moins il est probable que les corrections requises par le Modèle Standard, sans l'introduction de nouvelles interactions, soient plausibles.

    Et qu'impliquerait cette nouvelle physique?

    Plusieurs hypothèses, développées par les théoriciens, permettraient de «stabiliser» le modèle et parmi les plus intéressantes, il y a la supersymétrie. Dans ce cadre théorique, la particule supersymétrique neutre la plus légère pourrait être un candidat pour résoudre le mystère de la matière noire dans l'univers.


    Que répondez-vous à l'astrophysicien Rainer Plaga qui affirme que le LHC représente une menace pour notre planète?

    Le monde ne s'effondrera pas au cours des opérations du LHC. Il n'y a aucune évidence scientifique pour cela. En plus, depuis sa création, notre Terre est en permanence bombardée de rayons cosmiques qui provoquent des collisions à très haute énergie. Quant aux «trous noirs» fabriqués dans le LHC, prédits par certains modèles appelés «extra-dimensionnels», s'il y en a, ils seront minuscules, se désintégreront très vite et n'auront donc aucun effet sur nous.


    Votre travail a-t-il une incidence sur l'industrie nucléaire?

    Non, aucun rapport: ce que nous étudions n'a rien à voir avec les techniques de l'industrie nucléaire.


    De l'intérieur, au quotidien, comment se vit un «ballet» comme celui qu'exige la coexistence des différentes expériences et le très grand nombre de scientifiques impliqués?

    Je tiens à préciser l'engagement suisse dans les grandes collaborations du LHC. L'université de Zurich, l'EPFZ et l'Institut Paul Scherrer sont impliqués dans l'expérience CMS. L'EPFL et l'université de Zurich contribuent à LHCb. Enfin, les universités de Genève et de Berne participent au projet ATLAS. Ensuite, au quotidien, la coordination est un processus assez long, et cela m'étonne parfois que ça fonctionne. Cela nécessite beaucoup de patience et de flexibilité. On finit par faire des compromis, mais jamais de nature scientifique. En définitive, cela fonctionne bien, car chaque participant partage les mêmes buts.

    Et quel est votre objectif dans l'expérience ATLAS?

    Pour moi et pour mon groupe de recherche, un but sera d'identifier la particule Higgs, ce qui serait en quelque sorte le «dernier clou» dans le Modèle Standard. Parallèlement, nous cherchons à identifier de possibles extensions de ce modèle. Sur ce point, on pourrait dire que nous parions sur l'hypothèse de la supersymétrie. Mais, plus prosaïquement, nous sommes des expérimentateurs: nous commençons avec des études de la performance du détecteur et l'analyse des processus connus.Ensuite, nous cherchons les éléments les plus intéressants et nous comparons avec ce que l'on connaît. Nous allons où la physique nous mène.
    PROPOS RECUEILLIS PAR BPR



    «La condition pour continuer»

       BPR    

    Pour Jan Lacki, historien des sciences à l'université de Genève, l'enjeu principal du programme d'expérimentation démarré avant-hier au CERN est de recueillir des données qui permettent de dépasser le Modèle Standard. Il s'agit de disposer de critères sur les choix théoriques à faire en physique des particules, des critères qui manquent aux physiciens aujourd'hui. Et ce dépassement est la condition à long terme de la continuation de la discipline. Pour autant, les physiciens des particules cherchent à la fois la surprise et «ce qu'ils pensent déjà». Ils ont le double espoir de découvrir la nouvelle physique et de corroborer l'actuelle. Ne rien trouver de nouveau serait une grande déception pour cette communauté de chercheurs, la discipline serait menacée de devenir strictement théorique. La collecte des données dans le LHC est une illustration du «poids» des théories actuelles dans l'expérience. Une partie des données produites par l'accélérateur est écartée d'emblée par la machine. «Perdues», elles ne seront jamais exploitées. Or ce processus de sélection repose sur des critères précis, critères qui sont en partie le produit de la théorie physique actuelle. Il existe donc un parti pris dans cette opération qui devient une expérimentation dirigée. Ce n'est bien sûr pas contraire à la méthode scientifique, mais cela montre que le regard des expérimentateurs est déjà «chargé de théorie». BPR



    Catalogue d'objets introuvables

       BPR    

    Dernier avatar d'une campagne juridique menée sur plusieurs continents, le groupe conCERNed (les préoccupés, ndlr) a saisi le Comité des droits de l'homme de l'ONU, lui demandant d'ordonner un arrêt du LHC et une évaluation externe des risques qu'il engendre. Un redémarrage serait conditionné à une meilleure connaissance des collisions que provoquent les rayons cosmiques (sur l'innocuité desquelles repose l'argumentation du CERN). Les craintes principales de conCERNed concernent trois productions potentielles du LHC. D'abord la création de trous noirs microscopiques (une possibilité admise par le CERN) qui, selon les opposants, pourraient ne pas se désintégrer (et donc nous engloutir). Ensuite, celle de strangelets, des éléments hypothétiques susceptibles de «contaminer» la matière environnante, transformant la Terre en boule de matière étrange. Enfin, la production de monopôles magnétiques, des particules également conjecturales qui pourraient détruire la matière autour d'elles. Le CERN a publié deux études (en 2003 et en 2008) excluant ces trois scénarios. BPR

    Paru le 1er Avril 2010 dans Le Courrier.
    Photos © CERN, Lussa Tuura (CMS control room), Michael Hoch (CMS tracker installation)

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  • March 23, 11:00 AM

    Quand le souffle s'incarne (23 mars 2010, Le Courrier)

      BENOIT PERRIER    

    GENÈVE - Au Théâtre du Grütli, dans le cadre du Festival Archipel, la compagnie Quivala propose «Ouvrages de gueule». Une exploration maîtrisée de l'univers de Dieter Schnebel.
    Un être humain souffle, et se meut. La première activité implique d'ailleurs la seconde: il ne saurait y avoir de respiration sans déplacement. Armée de ces points de départs aussi minimes que fondamentaux, la compagnie Quivala adapte jusqu'à dimanche le compositeur allemand Dieter Schnebel, dans le cadre du Festival Archipel, au Grütli, à Genève. Avec Ouvrages de gueule, elle embrasse une oeuvre radicale des années 1970 mobilisant un répertoire d'articulations vocales. Trois corps et trois voix qui se prêtent au jeu, l'essai est transformé. Le souffle ouvre les feux. Face public, vêtus de noir, la danseuse Tamara Bacci, le poète sonore Vincent Barras et la chanteuse Dorothea Schürch halètent, inspirent, hoquètent, soupirent. Ils rient, hyperventilent ou s'étouffent. Tout commence pourtant avec de seules expirations coordonnées, mais déjà l'assemblage de ces briques infimes fait musique. Certes, la scénographie et, surtout, la présence des trois interprètes font beaucoup pour «lier» ce qu'ils présentent au spectateur. Il n'en demeure pas moins que de ces explorations respiratoires, une dramaturgie se fait jour.
    Quand les danseuses investissent le plateau, les «souffleurs» les accompagnent, circulent parmi elles, leur servent de pivot. Les gestes des premières s'articulent autour de modules assez simples. On croit les surprendre en répétition: à dessein le mouvement n'est pas complètement investi, les déplacements sont détendus. La danse est encore subordonnée au souffle et, par le «flou» de la première, on perçoit mieux la cohérence des sons et la précision des trois vocalistes. Après un ultime baroud sonore, les danseuses sont seules, à chacune un registre chorégraphique et un physique (Marthe Krummenacher, explosive lolita, Stéphanie Bayle, urbaine gracile et Raphaële Teicher, souple maturité). Comme les musiciens, elles construisent avec des bribes minuscules, répétées, modifiées, assemblées. A nouveau, on se régale que «si peu» de matériel produise tant d'effet. Le pari du spectacle de «montrer la fabrique» (souligné par des projections du travail de répétition) est réussi quand le spectateur, cherchant à percer les motifs employés, glisse son regard dans les interstices de la chorégraphie. Etonnante proposition que ces Ouvrages jusqu'au-boutistes dont l'assistance sort en souriant; une réussite qui doit tout à un rigoureux travail de mise en scène et à une interprétation intense et janséniste. Gravissant les escaliers du Grütli, le public respirait différemment. BENOÎT PERRIER
    Note : «Ouvrages de Gueule», Théâtre du Grütli, jusqu'à dimanche. Horaires et rés: tél: 022 328 98 78, www.grutli.ch

    Publié le 23 mars dans Le Courrier

     

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  • March 19, 11:00 AM

    «Dans la salle, on remarque toujours le silence» (19 mars 2010, Le Courrier)

     PROPOS RECUEILLIS PAR BENOÎT PERRIER    

    GENÈVE - Entretien avec l'un des interprètes de prédilection de Klaus Huber, compositeur à l'honneur du Festival Archipel qui débute ce soir.
    «La musique n'a pas de persistance sans la transcendance», voilà le credo du compositeur suisse Klaus Huber. Cette figure singulière et mystique occupe une place importante dans la programmation du festival genevois de musique contemporaine Archipel, qui débute ce soir. L'octogénaire, présent pour l'occasion, est joué samedi 27 mars par l'ensemble zurichois Arc-en-Ciel – trois oeuvres dont son Concerto de chambre de 1994 – et ce mardi par l'ensemble Contrechamps qui donnera Die Seele muss von Reitter steigen... («A l'âme de descendre de sa monture»). Cette oeuvre inspirée par un poème du Palestinien Mahmoud Darwich a été créée par le violoncelliste zurichois Walter Grimmer, à qui elle est dédiée. Ce soliste de premier plan évoque pour nous le compositeur et sa pièce magistrale.


    Vous avez noué de longue date une relation avec le compositeur Klaus Huber.

    Walter Grimmer: Oui, je l'ai connu dès mes études au Conservatoire de Zurich. Je croisais dans les couloirs ce professeur de violon un peu marginal, dont on m'avait dit qu'il faisait de la composition. Plus tard nous avons joué son premier quatuor avec le quatuor de Berne. Je lui ai aussi commandé une pièce pour violoncelle et piano et j'ai créé son trio avec clarinette basse, Schattenblätter.


    Jusqu'à lui demander Die Seele muss... que vous jouez mardi.

    Autour de 2000, je lui ai dit: «Tu as écrit un concerto pour piano, pour violon, pour alto. Il manque un concerto pour violoncelle!» Nous étions chez moi à Paris, l'idée lui a plu. Mais en définitive, ce n'est pas du tout un concerto, plutôt un concerto de chambre où le violoncelle tient le rôle principal. Huber est quelqu'un de tellement créatif qu'on ne peut rien lui proposer sans que ça ne prenne une autre forme! Pour le texte, il a choisi un poème de Mahmoud Darwich – Huber est très ancré dans la musique, la philosophie et la poésie arabe. La pièce utilise aussi des tonalités en tiers de ton, que j'ai dû apprivoiser pour l'occasion, même si je lui avais d'abord demandé de ne pas en inclure! (il rit, ndlr) Cela dit, j'ai révisé toute la partition avec lui et il a accepté la plupart de mes modifications.

    Vous êtes le créateur de cette oeuvre et vous l'avez souvent jouée depuis 2002, quel effet provoque-t-elle?

    En tant qu'interprète, elle m'émeut à chaque fois. Je la trouve tellement intériorisée, et en même temps d'une telle intensité avec des parties très violentes. Dans la salle, on remarque toujours le silence à la fin de l'oeuvre, une très longue écoute avant qu'on n'ose bouger.


    Et en dehors de cette collaboration privilégiée, pouvez-vous évoquer des rencontres marquantes?

    Pour les compositeurs, je dirais Helmut Lachenmann: sa musique est si analytique qu'en musicien on est forcé de s'en approcher. J'ai joué son trio, son premier quatuor et sa pièce pour violoncelle, seul; j'ai beaucoup travaillé avec lui. Pour les musiciens, la rencontre avec mon maître, Maurice Gendron, a été bouleversante – j'ai d'ailleurs eu la chance d'éditer son testament artistique (L'Art du violoncelle, Schott). C'était pour moi la figure la plus marquante du violoncelle, l'idéal. On peut résumer ainsi son enseignement: beauté, clarté, vérité. I
    Note : > «L'Ame se souvient» (Huber, Benjamin, Pauset), Maison Communale de Plainpalais, ma 23 mars, 20h (présentation à 19h15) rés. Service Culturel Migros ou www.archipel.org
    > L'oeuvre de Huber seule est aussi jouée, lu 22 mars dans le cadre des concerts «une heure, une oeuvre» de l'ensemble Contrechamps.


    La dix-neuvième édition du «festival des musiques d'aujourd'hui» démarre ce soir avec un premier concert à la Maison communale de Plainpalais. Cette ouverture illustre le thème du modèle choisi cette année et l'une de ses facettes, celle de la confrontation de créations contemporaines avec des oeuvres historiques. L'ensemble TM+ et la mezzo Sylvia Vadimova donneront donc le fondamental Pierrot lunaire de Schönberg (1914), allié à une première suisse du compositeur grec Alexandros Markéos qui utilise la même formation que le Pierrot (flûte, clarinette, piano, violon, violoncelle et voix). Demain, le Théâtre du Grütli accueille, lui, la première d'Ouvrages de gueule par la compagnie Quivala: des extraits d'une composition d'avant-garde de Dieter Schniebel datant des années septante, une partition graphique adaptée pour l'occasion pour voix et danseurs.
    L'après-midi de samedi inaugurera une seconde face, celle de la nature comme source d'inspiration musicale. On aura ainsi l'occasion d'entendre des oeuvres mixtes (pour instrument traité électroniquement ou instrument et électronique) de la classe de composition de la Haute Ecole de Musique de Genève. Dimanche enfin, cette première salve – avant la seconde semaine du festival – se conclut par un concert des percussionnistes lauréats du Concours de Genève 2009. Ils opposeront la musique «spectrale» de Gérard Grisey aux approches plus bruitistes de compositeurs français «qui montent», Raphaël Cendo et Frank Bedrossian. BPR
    Tous événements à la Maison Communale de Plainpalais (52 rue de Carouge) excepté «Ouvrages de Gueule» au Théâtre du Grütli ( tél: 022 328 98 78). Rés: www.archipel.org

    Paru le 19 Mars 2010 dans Le Courrier.

     

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  • March 16, 11:00 AM

    La très digne élégie du quotidien (16 mars 2010, Le Courrier)

       BENOÎT PERRIER    

    GENÈVE - William Sheller, très en voix, figurait vendredi au programme de Voix de fête. Performance mémorable d'un artiste singulier.
    On aurait souhaité que le temps s'arrête dans le sillage de «Basketball», l'un des sommets du concert en solo que donnait William Sheller vendredi. A Annemasse, dans le cadre du Festival Voix de fête, cette chanson semblait résumer une performance magnifique. Le musicien français introduisait le titre («pour s'épanouir, il faut insister»), avant de le défendre avec une aisance virtuose et une intensité constante. Le reste du récital était à l'avenant, un sans-faute qui a transporté la salle de Château-Rouge.

    Très loin des modes

    Cette configuration, seul sur scène à son piano, le grand public l'a découverte sur l'album Sheller en solitaire, porté par le titre «Un Homme heureux». Or ce qui était déjà palpable en 1991 se confirmait vendredi: très loin des modes, portées par une écriture singulière et rigoureuse, les chansons de William Sheller ne vieillissent pas. L'homme est friand d'arrangements élaborés, mais ces versions piano-voix «se tiennent» parfaitement, dévoilant une échine à la fois robuste et raffinée, digne et touchante. A la barre d'un Steinway qui paraît hésiter entre une extension de lui-même et une barque de laquelle il mènerait notre rêverie, il donne une vingtaine de titres, d'une force rare, de toute évidence des classiques.
    L'exécution n'est pas en reste et, les deux premiers numéros passés, on admire les aptitudes vocales de ce fan des Beatles qui va sur ses soixante-quatre ans. Sur «Basketball» justement, sa voix s'impose, remplit la salle et fait frissonner quand elle s'affaiblit délibérément. Modulant ses effets, Sheller s'éloigne pourtant de toute volonté de démonstration. Parfois croit-on le surprendre se chanter pour lui-même, parfois passe-t-il des souvenirs, que la distance teinte de nostalgie. On est surpris par l'impact de ses textes à la fois intimes et pudiques, à l'instar, peu avant la fin du concert, du gracile «Centre ville».


    Triomphe complice

    On retiendra encore «Simplement» et son parlé-chanté, la poésie urbaine sur piano martelé des «Filles de l'aurore» et, logiquement, «Un Homme heureux». «Je ne vais pas partir sans vous la faire», s'amuse son auteur, offrant quelques minutes que la salle emportera longtemps avec elle. On apprécie l'engagement que le chanteur suscite chez le public, l'espace d'écoute qu'il ménage. On parlerait de sincérité si des escrocs n'avaient flétri le terme. Vendredi, William Sheller a reçu un triomphe complice et un respectueux plébiscite. On a admiré l'alliage, plus humble qu'on pourrait le penser, de la maîtrise et de la proximité. La marque d'une certaine classe.

    Paru le 16 Mars 2010 dans Le Courrier.
    Photo Le Soir

     

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  • February 05, 11:00 AM
  • January 26, 11:00 AM
  • December 03, 11:00 AM
  • November 27, 11:00 AM
  • October 30, 11:00 AM

    Avec Unia, le front pour un salaire minimum gagne un allié de poids (30 octobre 2009, Le Courrier)

      BENOIT PERRIER    

    TRAVAIL - Le syndicat prépare le lancement d'une initiative pour une rémunération minimale. Il estime que le contexte social est devenu propice pour mener cette cause.
    «La question salariale n'est pas une affaire privée, il faut la repolitiser», assène Alessandro Pelizzari, secrétaire régional genevois d'Unia. Mercredi, le projet du syndicat de lancer une initiative fédérale pour un salaire minimum a franchi une étape décisive, le comité central ayant adopté un rapport en ce sens. Une décision qui devrait être confirmée par l'assemblée des délégués du 21 novembre prochain. Ce processus de réflexion aboutit quelques semaines après que le parti socialiste suisse a annoncé son intention de se lancer dans une démarche similaire.
    Le but d'un salaire minimum légal, explique le syndicaliste, est de «mettre fin au scandale des bas salaires. On ne peut pas vivre avec moins de 3000 francs par mois.» Le projet actuel envisage donc d'inscrire dans la loi une rémunération équivalente aux deux tiers du salaire médian suisse, soit environ 3700 francs par mois avec un treizième salaire.
    Une telle mesure concernerait onze pour cents de la population, dont trois quarts de femmes. Le salaire médian utilisé pourrait être le chiffre suisse ou une proportion régionale, afin que la mesure soit intéressante pour toutes les parties du pays. D'année en année, le plancher serait au moins indexé sur l'inflation.


    Précédent britannique

    Le salaire minimum, dans ce projet, est cependant conçu comme un dispositif annexe ou supplétif à la négociation de conventions collectives. Les cantons seraient en effet incités à négocier de tels accord, ne comportant naturellement pas de rémunération inférieure au salaire minimum. Le plancher n'aurait donc force qu'en l'absence de convention, ce qui est souvent le cas des professions touchées par les bas salaires, qu'il s'agisse de l'économie domestique ou du textile.
    Une rémunération minimale tirerait-elle les salaires vers le bas? Le syndicaliste ne le pense pas, citant l'exemple britannique où l'introduction récente d'un salaire minimum n'a pas eu cet effet ni accrû le chômage. Il admet que la transition pourrait être difficile pour les petites et moyennes entreprises, mais précise que des mesures transitionnelles seraient prévues.
    Ce n'est cependant pas le syndicat qui lancera l'initiative. Si, comme c'est probable, son assemblée des délégués décide favorablement, Unia discutera avec ses partenaires au sein de l'Union syndicale suisse (USS).
    Mais ceux-ci sont majoritairement acquis à la démarche, selon Alessandro Pelizzari qui martèle: «Cette bataille doit être menée par un large front social: partis, syndicats, acteurs de la société civile et du terrain». Le secrétaire syndical genevois paraît optimiste quand il évoque le contexte favorable à un tel débat. «Si le parti socialiste évoque une telle idée, c'est qu'il y a un changement. Le thème de l'emploi et de la pression sur les salaires est devenu plus important, dans le cadre de cette crise financière qui s'est muée en crise des exportations puis en crise sociale.»


    Les roses au rendez-vous

    Du côté des socialistes, on trouve du répondant. Le conseiller national Stéphane Rossini évoque au téléphone «un projet concerté» et «un thème privilégié de collaboration». Selon le socialiste valaisan, il n'y a «ni conflit, ni concurrence» entre son parti et les syndicats sur la question du salaire minimum légal. Il s'agira désormais «de trouver la meilleure formule et les meilleures alliances possibles.»

    Publé le 30 octobre 2009 dans Le Courrier.
    Photo CC-BY-NC-SA Jargoŋ

     

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  • October 29, 11:00 AM
  • October 24, 11:00 AM
  • October 23, 11:00 AM

    Les itinéraires musicaux du Genevois Eric Gaudibert (23 octobre 2009, Le Courrier)

    PROPOS RECUEILLIS PAR BENOIT PERRIER

    COMPOSITION - Le musicien genevois est à l'honneur dimanche. Un concert lui est consacré qui revient sur ses traces multiples.

    «J'ai une vie très rangée», plaisante le compositeur Eric Gaudibert dans son studio du Rondeau de Carouge. Il sourit, expliquant qu'un lieu de travail spécifique prémunit contre les «préoccupations» d'un métier «d'obsédés». Dimanche, le Conservatoire fera entendre au public le produit de son «travail d'ascèse».Veveysan formé à Lausanne et Paris, le musicien a eu une triple carrière: pianiste jusqu'à 33 ans, il s'est ensuite tourné vers l'enseignement et la création. A Genève, il a longtemps donné au Conservatoire populaire l'analyse, l'harmonie au piano et la composition; avant de remodeler la classe de composition de la Haute Ecole de Musique. Aujourd'hui à la retraite, il continue à écrire. Un disque paraît, un concert le met à l'honneur. Rencontre.

    Est-ce le compositeur que l'on fête, dimanche?
    En partie. Ce concert sert deux buts. D'abord vernir l'enregistrement consacré à mes oeuvres, mais aussi revenir sur mon parcours d'enseignant. C'est donc l'orchestre du Conservatoire populaire qui jouera la première pièce, une composition aisée à aborder pour ces jeunes musiciens. Albumblaetter sera, lui, joué par deux flûtistes de la Haute Ecole Quant à Laurent Estoppey et deux de ses élèves, ils forment pour l'occasion un trio de saxophones.

    Et votre carrière d'interprète, l'évoquera-t-on?
    Oui, je jouerai Vénescence avec René Meyer, le clarinettiste de Contrechamps. L'oeuvre a une partition graphique et suppose l'improvisation. Elle remonte à 1973, avec une dimension électroacoustique: un simple delay (le son joué par les instrumentistes est reproduit avec un décalage, ndlr). A l'époque on le produisait avec deux énormes magnétophones Revox. Entre eux, 3 mètres 80 de bande qu'il fallait faire circuler de l'un à l'autre!

    Avez-vous continué dans la direction de l'électroacoustique?
    J'ai cessé, pensant en avoir fait le tour. De plus, les traitements complexes nécessitaient un investissement énorme. Les ordinateurs d'alors étaient rares et gigantesques; Xenakis passait des nuits dans les centres informatiques que lui prêtaient de grandes entreprises.
    Mais vingt ans après, à la Haute Ecole de Musique, j'ai vu que les étudiants compositeurs disposaient d'outils «portables». J'écris donc des pièces avec traitement direct.

    Quelle place y ménagez-vous aux instrumentistes?
    L'interprète doit, pour moi, être au centre, pas le seul «déclencheur» d'une cascade de sons. Sans compter que les musiciens se réjouissent qu'on leur donne des «responsabilités», qu'il s'agisse de choix à opérer, de segments improvisés ou qu'on requière d'eux une extrême virtuosité.

    Et vos maîtres, qui étaient-ils?
    En tant qu'interprète, Alfred Cortot dont j'ai suivi les cours publics et quelques leçons privées. Pianiste, chef d'orchestre, il était la figure du musicien complet. Mais surtout il avait une vision artistique qui dépassait la simple musique, c'était ainsi un grand collectionneur d'art. En tant que compositeur, Henri Dutilleux. J'étais de ses premiers élèves et j'ai travaillé avec lui. Il m'a transmis du «métier» – en matière d'orchestration, notamment – et une attitude: travailler lentement et avec exigence.

    «Autour d'Eric Gaudibert», di 25 octobre, Conservatoire de Musique (Place Neuve), à 17h projection d'un «Plans-Fixes» consacré au compositeur, concert à 18h.
    CD «Océans», Gallo/VDE-Gallo.

    Paru le Vendredi 23 Octobre 2009 dans Le Courrier

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  • October 19, 11:00 AM
  • October 08, 11:00 AM

    Swiss Chamber Concerts: dix ans pour une idée suisse (8 octobre 2009, Le Courrier)

       BENOIT PERRIER    

    MUSIQUE - Créer un ensemble de musique actuelle à l'échelle fédérale est loin d'être une sinécure, explique son directeur artistique Daniel Haefliger.
    Quand il décrit le contexte dans lequel il évolue, le violoncelliste Daniel Haefliger plaisante en parlant «de marge de la marge». Il est vrai qu'une série suisse de concerts qui font la part belle à la musique de chambre contemporaine (à Genève, Bâle, Zurich, Lugano) est un concept plutôt pointu. Ce positionnement n'empêche pas les Swiss Chamber Concerts de fêter leurs dix ans. Ce week-end, ils soufflent les bougies avec trois concerts mêlant créations et classiques. Mais comment assemble-t-on une telle plate-forme et comment l'oriente-t-on? Retour sur le parcours de ce «laboratoire» à l'échelle fédérale, premier ensemble du genre en Suisse, souligne le musicien.
    A la naissance du projet, l'amitié du flûtiste Felix Renggli, de l'altiste Jürg Dähler et de Daniel Haefliger, chacun «engagé dans une région suisse différente». De l'étranger où ils jouent régulièrement, ils voient la Suisse comme «un conglomérat de cultures: les Alémaniques s'orientent sur Berlin, Genève sur Paris, le Tessin sur Milan».
    Contre cette fragmentation, la conclusion s'impose: ils produiront des concerts qui présentent une vision d'ensemble de la Suisse, les donneront dans ses trois régions linguistiques et joueront les oeuvres de ses compositeurs d'aujourd'hui.


    A huit heures à la radio

    Quand il évoque cette période de formation, Daniel Haefliger se rappelle avoir souhaité «créer des conditions de concert pertinentes». Ainsi de la sélection des salles ou de la «répétition des concerts, fondamentale pour atteindre un certain niveau». Il lie cette démarche au passé en rappelant la société d'exécutions musicales privées d'Arnold Schoenberg au début du XXe siècle, et d'autres compositeurs qui «ont «oeuvré pour avoir un contrôle sur l'enveloppe des concerts et ne pas laisser cette responsabilité aux seuls soins du marché».
    Il aborde aussi la question de la sélection des oeuvres: «Nous réalisons des programmes mixtes, qui proposent un équilibre entre l'avant-garde, son histoire et son futur.» Autrement dit, qui mêlent musique contemporaine et classique, le passeport pour une diffusion radio à vingt heures sur les chaînes nationales, ce qui ne va pas de soi pour la création d'aujourd'hui.
    Trouver des fonds pour un ensemble qui n'a pas d'attache locale précise tient cependant du parcours du combattant: la politique culturelle fédérale est limitée. Les soutiens sont donc «partiels et locaux» et trouver des fonds implique «un énorme investissement personnel», face à des systèmes cantonaux tous différents.
    Le musicien se fait pourtant philosophe: «Nous comprenons tout à fait comment notre projet va à l'encontre d'un système suisse qui n'a pas de charte constitutionnelle sur la Culture.» Il paraît accepter la précarité constitutive de son édifice; surtout, il souligne l'engagement de «musiciens très investis» et doués «d'une bonne dose d'idéalisme».


    Des cultures suisses

    Quand il évoque les résultats de ces dix années, l'optimisme reprend le dessus. Soixante à septante créations – «un enrichissement de la musique» –, une diffusion radiophonique importante et plus de 350 concerts. Une ligne de disques sur l'étiquette Neos ainsi que des invitations à l'étranger sont également venues couronner l'engagement. Le bénéfice personnel prime cependant: «Au bout de ce combat, il y a un nirvâna, quelque chose d'exceptionnel, qui me remplit complètement. Sans compter la rencontre avec des personnalités musicales fascinantes et impressionnantes, dont Heinz Holliger qui nous accompagne depuis nos débuts». Cohérent, Daniel Haefliger conclut que «s'il n'y a pas d'identité suisse, une idée des cultures suisses émerge de l'expérience de ces concerts».
    On vérifiera sur pièces, demain et jusqu'à dimanche au Conservatoire de Genève. Le mouvement résume bien les enjeux de la formation: vendredi, une soirée propose dix créations (du Genevois Xavier Dayer, notamment), samedi ce sera «de toutes grandes pièces» d'époques mêlées (Schumann et Dallapiccola entre autres), et dimanche enfin, la «déflagration» des deux quatuors avec piano de Mozart et d'une création pour timbales d'Heinz Holliger. I
    Note : «Of sweet disorder...» (dix créations), ve 9 oct., 20h. «Poésie» (Dallapiccola/Schumann/Käser/Holliger»), sa 10 oct., 20h. «Mozart/Holliger», di 11 oct., 17h. Tous les concerts sont au Conservatoire de Genève. Rés. tél: 022 737 09 34 www.swisschamberconcerts.ch

    Paru le 8 Octobre 2009 dans Le Courrier

     

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  • October 02, 11:00 AM

    France Télécom: une gestion suicidaire (2 octobre 2009, Le Courrier)

      PROPOS RECUEILLIS PAR BENOÎT PERRIER    

    FRANCE - L'opérateur a vu vingt-quatre de ses employés se donner la mort en dix-huit mois. Sa gestion est sur le banc des accusés: les explications du sociologue Vincent de Gaulejac.
    La polémique fait rage chez nos voisins. Quelle responsabilité la direction de France Télécom porte-t-elle dans la vague de suicides qui a touché l'entreprise durant les dix-huit derniers mois – vingt-quatre, dont le dernier lundi en Haute-Savoie? Alors que l'opposition de gauche appelle à la démission du président-directeur général Didier Lombard, Christine Lagarde, ministre de l'Economie lui renouvelait hier, «sa pleine et entière confiance».

    «On met les employés dans des situations paradoxales qui les rendent fous»

    En tous les cas, les méthodes de gestion de France Télécom sont mises en cause. Dès 2002, une restructuration drastique y a pris place, après que l'éclatement de la bulle internet a lourdement endetté l'ex-entreprise publique. Vingt mille départs ont été enregistrés entre 2003 et 2006; vingt mille de plus étaient prévus à partir de 2007. Une thérapie de choc, réalisée notamment par des changements de poste quasi obligatoires.
    Les syndicats ont recensé ces derniers et créé un Observatoire du stress et de la mobilité forcée. Il a calculé que, depuis 2002, un salarié du groupe a, en moyenne, changé de poste tous les vingt-sept mois. Cette collecte de données a aussi permis de lier les suicides, mettant en lumière la tragique série.
    La médiatisation de celle-ci a suscité un regain d'intérêt pour la souffrance au travail, un thème étroitement lié aux méthodes de management, comme l'explique Vincent de Gaulejac, psychosociologue et directeur du Laboratoire de changement social à Paris Diderot (Paris 7)(1).

    Vingt-quatre suicides en dix-huit mois. Quelles conséquences à ce sinistre «record»?
    Vincent de Gaulejac: Il est maintenant impossible pour France Télécom d'invoquer le seul problème personnel des victimes; en cela ce chiffre est important. Gouvernement et directions des ressources humaines réagissent habituellement en invoquant «un problème psychologique qui requiert des mesures psychologiques», mais ne remettent pas en cause les méthodes de management.


    Ce procès de la gestion brutale à France Télécom est donc une surprise?
    Non. Nous travaillons sur le sujet depuis plus de trente ans et nous assistons à une montée inéluctable de la pression au travail. On verra d'ailleurs obligatoirement d'autres cas de ce type. Le suicide, l'épuisement au travail (le burn-out) ou la dépression sont des symptômes des politiques de transformation des organisations. Je les appelle «gestion paradoxante»: on met les employés dans des situations paradoxales qui les rendent fous.


    Que voulez-vous dire?
    On fixe à l'employé des objectifs sans lui fournir les moyens de les atteindre; on le met en porte-à-faux avec son éthique. On favorise ainsi un sentiment de perte de sens, auquel contribuent aussi la gestion par objectifs, l'évaluation personnelle telle qu'on la pratique, et les politiques de mobilité. France Télécom a, par exemple, brièvement appelé son programme de changements de poste «time to move»: un «temps de bouger» érigé en norme, sans aucune justification, que ce soit de sa nécessité pour l'entreprise ou de son bénéfice pour l'employé. Une telle exigence ne fait pas sens.


    Comment a-t-on adopté ces méthodes à France Télécom?
    Ce modèle de gestion vient des multinationales comme Xerox, Hewlett-Packard ou Carrefour. Sous prétexte de modernisation, on l'importe dans les entreprises publiques – en Suisse aussi. Des entreprises publiques, il passe aux institutions et devient le modèle de l'Etat. Partant, il est présent dans tous les secteurs de la vie sociale et publique.
    L'entreprise le justifie par l'image de la «guerre économique». Elle est en conflit avec ses concurrents, ce qui justifie tous les sacrifices de la part de ses employés. On aboutit à une alternative morbide entre la «vie» de l'entreprise et celle de l'individu.


    Des procédés plus durement vécus dans une ex-régie publique?
    Sans doute. Les agents publics cultivaient la solidarité entre eux et un sentiment de servir un usager ou un bénéficiaire, pas un client. Ils avaient aussi souvent choisi le service public par proximité avec leur système de valeurs. Le sentiment de perte de sens est donc exacerbé dans leur cas.

    Quelle signification donner au geste des salariés de France Télécom?
    Le suicide dit trop, ou ne dit rien. Quand le président de France Télécom gaffe et parle de «mode», il a quand même une intuition: que pour la victime – inconsciemment – cet acte de non-sens prend sens quand il s'insère dans une série, et donc dans un mouvement collectif. Le passage à l'acte est ce qui subsiste quand il n'y a plus d'espace d'élaboration du conflit.

    Que faire contre cette «gestion malade»?

    Il faut se rendre compte que les paradigmes à partir desquels les managers pensent l'entreprise les empêchent de saisir ce qui s'y passe. Dans leur vision, l'humain est une ressource à gérer pour développer l'entreprise, la où, en fait, l'entreprise peut développer l'humain et la société. Il faut sortir de cette idéologie et construire l'entreprise avec les salariés. La solution est simple: traiter l'individu comme un sujet capable de réflexivité et de créativité, pas comme un objet.
    (1)Il est l'auteur de La société malade de la gestion (2005) et, avec Nicole Aubert, du Coût de l'excellence (1991), tous deux publiés au Seuil.

    Publié le 2 octobre 2009 dans Le Courrier.
    Photo CC-BY-NC shoehorn99

     

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  • September 23, 11:00 AM

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  • September 03, 03:55 AM

    L’alpha et l’oméga du...



    L’alpha et l’oméga du cinématographe.

    thediscography:

    atozfield:

    lucyphermann:

    kaktak:

    2001: A Space Odyssey

  • August 28, 02:52 AM

    Carré vert sur fond vert. imgoingwest: Kawabunga !



    Carré vert sur fond vert.

    imgoingwest:

    Kawabunga !

  • August 25, 02:42 AM

    very important news [Nitsuh on “Step Up 3D”]

    Où l’on vérifie que la 3D au cinéma est (tant qu’une grammaire ne sera pas fixée) l’antithèse du mimétisme. En d’autres termes, Avatar out, Theme Park, in.

    agrammar:

    So we went and saw STEP UP 3 IN 3D!!!, and here is my important opinion on it: basically, that shit was straight-up magical. I have not seen any of the other recent 3D stuff, because I am not super “into” movies or something. But when your use of 3D involves, like, Twitch and Kendra Andrews leaning out over the front seats and popping and locking up in my face, then yes, I would risk a thousand headaches for that.

    The best thing about this movie is the way its creators have realized that a dance movie is much better if it’s actually a superhero movie, only with dancing instead of fighting. So this takes place in the kind of comic-book New York where Moose (from #2) can break off from an NYU tour group and stumble into a critical dance battle in Washington Square Park. (Ridiculous — I walk through that park twice a day, and I wind up involved in like one battle a month, tops.) Also Red Hook is basically like Mad Max with crumping. But so anyway Moose meets a handsome young guy who’s basically a dancing G.I. Joe with less personality, and he’s whisked off to the secret lair where a crew of dance X-men train, and like … there’s a scene early on where he’s in a hallway being snuck up on by wall-climbing ninjas, and you momentarily fear for his safety, until you remember that all the villains really want to do is dance at him.

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  • July 28, 10:07 AM

    «et j’ai brûlé ta photo au fond d’un cendrier»Claude...



    «et j’ai brûlé ta photo au fond d’un cendrier»

    Claude François - «Dimanche Après-Midi» (1976), adaptation française d’«Afternoon Delight» par le Starland Vocal Band.

  • July 28, 07:42 AM
  • July 27, 11:29 AM

    “Not that we needed all that for the trip, but once you get ...



    “Not that we needed all that for the trip, but once you get locked into a serious drug collection, the tendency is to push it as far as you can. The only thing that really worried me was the ether.”

    existentializzy:

    anungunrama:marinaesque

  • July 18, 12:05 PM

    Caribou - «Andorra», chronique radio (1 octobre 2007, Les Bruits du Frigo, Radio Cité)

      
    Download now or listen on posterous
    Bdf20071001BenCaribouAndorra.mp3 (15072 KB)

    Chronique de l’album de Caribou qui l’a propulsé – à raison – dans les oreilles du grand public.
    Animation, Pascal Knoerr. 

    Caribou, Andorra, City Slang

    Diffusé le 1er octobre 2008 dans les Bruits du Frigo sur Radio Cité
    Photo CC BCY-NC-SA LiminalMike

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  • July 16, 04:03 PM

    The Gift of Gab - «Supreme Lyricism, vol.1», chronique radio (22 novembre 2007, Les Bruits du Frigo, Radio Cité)

    Chronique du mix-CD de Gift of Gab, MC de Blackalicious. Bon esprit général, virtuosité lyricale et quelques pépites.


    Diffusé le 22 novembre 2007 dans les Bruits du Frigo sur Radio Cité
    Photos, © kjten22 et CC BY-NC-SA staxnet

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  • July 16, 03:50 PM

    Robert Plant & Alison Krauss - «Raising Sand», chronique radio (18 janvier 2008, Les Bruits du Frigo, Radio Cité)

    Chronique de l’album commun de l’Apollon zeppelinien et d’une star du bluegrass, cornaqués par T-Bone Burnett. Recommandé.

    Robert Plant & Alison Krauss, Raising Sand, Rounder

    Diffusé le 18 janvier 2008 dans les Bruits du Frigo sur Radio Cité
    Photos CC BY-NC-SA adambowie et CC BY-NC-ND merfam

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  • July 16, 11:57 AM

    Carton Plein (Friendly Fires, «s/t») (7 mars 2009, Le Courrier)

    CD • ÉLECTRO-ROCK


    Un sans-faute pour Friendly Fires, jeune groupe anglais dont le premier album offre dix titres mémorables. Ces tirs fratricides (le friendly fire est l’équivalent militaire de l’autogoal) trouvent tous leur cible, au carrefour de l’électronique, d’un funk blanc très eighties et d’une noise-pop du meilleur effet. Au premier genre, les chansons empruntent leurs sonorités ou des éléments de structure (montées, breaks et effets); au deuxième, elles doivent leur rythmique un peu rigide mais toujours efficace. Dans le troisième, enfin, elles puisent une attention à la texture qui donne à ces hymnes une qualité Cinémascope. Chaque morceau propose trois idées à la minute, or le résultat est cohérent. C’est sans doute la conséquence d’une production très intelligente. On sent que les compositions ont été passées, repassées, éditées jusqu’à en extraire une substantifique moelle, propice à enflammer les dancefloors comme à emporter l’amateur anachorète. Une réussite à la profusion rythmique enchanteresse, un disque qui pense et qui danse.
    BENOÎT PERRIER

    FRIENDLY FIRES, FRIENDLY FIRES, XL

    Friendly Fires - Paris (Aeroplane Remix, feat. Au Revoir Simone)

    Paru le 7 mars 2009 dans Le Courrier
    Photo CC-BY-NC-ND jcbehn

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  • July 16, 10:21 AM
  • July 11, 09:44 AM

    Dedicated to all the job-seekers out there. Shows there’s...



    Dedicated to all the job-seekers out there. Shows there’s at least a candidate we must not worry about.

  • July 11, 02:37 AM

    Tout l'univers (Simon Bookish - Everything / Everything) (7 février 2009, Le Courrier)

    CD • POP D’AVANT-GARDE

    Une sensation surgie de nulle part que ce «studieux Simon»: après deux albums composés sur laptop, le voilà qui cède aux sirènes de la musique électronique (dans la forme, les procédés) réalisée avec des instruments acoustiques. Périlleuse tentation, sauf qu’il se tire brillamment de ce piège en faisant jouer ses spécificités. Lesdits instruments sont en effet principalement des cuivres, qu’il utilise à la manière des minimalistes américains, en ondulations obstinément répétées (on pense beaucoup à Philip Glass). Mais surtout, le tout est au service d’une pop exploratoire, de véritables chansons aux textes intrigants et d’une rare qualité. Si l’on ajoute qu’ils sont servis par une voix d’une évidence rare (quelque part entre Brett Anderson et Neil Hannon), on en conclut nécessairement que ce recueil est fort recommandé.
    BENOÎT PERRIER SIMON BOOKISH, EVERYTHING / EVERYTHING, Tomlab

    Paru le 7 février 2009 dans Le Courrier

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  • July 10, 10:32 AM

    Dites trente ans (Alex Beaupain - «33 Tours») (20 décembre 2008, Le Courrier)

    CD • CHANSON

    Tout auréolé du succès des Chansons d’Amour (la comédie musicale de Christophe Honoré dont il avait signé la musique), Alex Beaupain vient relever les compteurs avec son second album de pop raffinée en français. Si le résultat n’est pas toujours convaincant, les quelques ratages (le premier single «I want to go home») et maladresses («A la mer») sont très largement éclipsés par d’éclatantes réussites. A côté de somptueuses ballades («Et tu t’en veux tellement») et d’électro-pop guillerette et désabusée (et surtout irrésistible, «Je veux»), il se paie le luxe d’une indiscutable méta-chanson («33 Tours» et sa métaphore filée du disque comme témoin du vieillissement). Pour une fois que les esthètes peuvent écouter de la chanson française, il ne faudrait pas se priver.
    BENOÎT PERRIER
    ALEX BEAUPAIN, 33 TOURS, NAÏVE

    Paru dans le 20 décembre 2008 dans Le Courrier
    Photo © divans du monde / glazart

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  • July 10, 09:28 AM

    Du dub dans le ravin (Walter Becker - «Circus Money») (13 décembre 2008, Le Courrier)

    POP

    C’est toujours un événement pour le mélomane que de retrouver Steely Dan ou l’une de ses émanations. Ici, son guitariste et co-compositeur Walter Becker présente son deuxième album solo et, innovation 2008, accorde son harmonie jazz et son écriture acérée à des volutes dub, ma foi plutôt crédibles. L’extrême musicalité (perfectionnisme du bonhomme oblige) est évidemment au rendez-vous. Pourtant, Becker et ses musiciens prennent un pied énorme dans des sections «minimales», qu’ils accouplent ensuite à des refrains envoûtants. Déconcertant et insaisissable à la première écoute, le recueil se révèle, après un temps, hypnotiquement addictif. Il est surtout touchant d’entendre la voix de Becker – peut-être la révélation de l’album, on l’entendait peut dans Steely Dan – confidente, alanguie ou défaite, bien plus qu’une «voix de guitariste». Entre humour noir et chansons à tiroir, cette très bonne surprise regorge de compositions mémorables, à l’instar de l’élégiaque et doux-amer Downtown Canon.

    BENOÎT PERRIER
    WALTER BECKER, CIRCUS MONEY, SONIC360

    Paru le 13 décembre 2008 dans Le Courrier

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  • July 09, 12:07 PM

    Hyperglycémique (The Feeling, «Join With Us») (30 août 2008, Le Courrier)

    Pop-Rock

    Des textes inanes sur des arrangements qui empilent les fautes de goût: pourquoi parler ici de ce Join With Us? Simplement parce que l’album de The Feeling est le pinacle pop de l’année. On y trouve des mélodies qui dévastent tout sur leur passage, des compositions à tiroirs et une production, teintée 80’s, qui ferait passer Phil Spector pour un maître de laconisme. A l’écoute, on pense souvent à Queen ou Electric Light Orchestra; autant dire qu’il faut avoir l’estomac solide pour apprécier cette esthétique de l’excès. Mais à qui brave son béotisme béat et son ridicule rococo, ce disque promet monts et merveilles.
    BENOÎT PERRIER
    THE FEELING, JOIN WITH US, ISLAND / UNIVERSAL

    Paru le 30 août 2008 dans Le Courrier
    Photo CC-BY-NC-SA 5500

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  • July 07, 04:13 PM

    Retour vers le futur (Neon Neon - Stainless Style) (31 mai 2008, Le Courrier)

    Retour vers le futur

    ÉLECTRO-POP

    Surprenante réussite pour Neon Neon, qui livre un concept-album, abreuvé aux mamelles clinquantes des années quatre-vingt et centré sur John DeLorean (créateur du mythique bolide du même nom). Au volant du projet: Boom Bip, un producteur hip-hop et Gruff Rhys, le chanteur des Super Furry Animals.
    Sur la banquette arrière, une multitude d’invités. Ce petit monde regarde dans le rétroviseur et sert des pop songs très 80s, regorgeant de claviers et de batteries débordant d’écho. Le mélange étant à l’honneur, on voit aussi défiler des choses plus rap, ou proto-électroniques. A l’arrivée, un parcours efficace, au format pensé comme une suite de singles. Par-delà l’exercice de style, un album qui se révèle l’un des plus excitants récemment parus.
    NEON NEON, STAINLESS STYLE, LEX / NAMSKEIO

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  • July 07, 11:59 AM

    Golden Rain, by Elizabeth and the Catapult. Loving it. The...



    Golden Rain, by Elizabeth and the Catapult. Loving it. The tones are so craftily assembled (Rhodes, nylon strings, hints of percussion in the last part), impressive.

    Daytrotter session as an added bonus.

    Photography, © inmemoryofradio

  • July 04, 09:24 AM

    Steinski, justiciable débonnaire (13 février 2009, Le Courrier)

       BENOIT PERRIER    

    ELECTRO Révéré dans le hip-hop, inconnu à l’extérieur, Steve Stein, alias Steinski, est une légende. Entretien.
    «Ma femme aime penser que, sur le plan légal, j’ai une réputation trouble.» Il est affable, Steinski, vif et plein d’esprit. Et son épouse a raison, ses oeuvres – de fabuleux collages sonores, réalisés à partir de sources préexistantes – flirtent avec la légalité. Mais ses productions, surtout, ont influencé tout ce que la planète compte de platinistes et de manipulateurs soniques. De passage pour un set au Zoo de l’Usine (à l’occasion du Festival Black Movie), nous avons pris le café avec cette légende du hip-hop. Au menu, dialoguistes, droits d’auteur et mousse au chocolat.
    Flashback. L’anecdote est gravée dans le vinyle, nous sommes en 1983 et le label Tommy Boy propose un concours: remixer le titre «Play That Beat, Mr DJ» de G.L.O.B.E. & Whiz Kid. Steve Stein est publicitaire, trentenaire, il claque son salaire en disques; son ami Douglas Di Franco travaille, lui, dans un studio d’enregistrement. Les deux compères s’y enferment un week-end. Ils en sortent avec un remix, assemblage cohérent de bribes d’enregistrements puisées largement dans la collection de Stein. Ils gagnent le concours; le duo Steinski et Double Dee est né.


    «C’est dur d’être imbu de soi-même»

    Seul problème, publier un tel enregistrement est un cauchemar légal s’il faut déclarer les emprunts et payer les droits. C’est le début d’une carrière nécessairement confidentielle, faite de morceaux «insortables» au sens juridique du terme. Cela ne trouble que peu notre protagoniste: «Faire de tels morceaux était tellement naturel qu’on ne s’est pas posé de questions sur la légalité du procédé.» D’ailleurs, explique-t-il, «je n’y pense même pas. Quand je fais un morceau je me demande s’il est bon, pas si c’est légal.»
    Cette posture détachée s’explique mieux quand on sait que Steinski et son complice ont toujours fait de la musique une activité secondaire, pas forcément rémunératrice. Remarque qui ouvrait notre entretien: «C’est dur d’être imbu de soi-même quand on mène une existence banlieusarde standard, à faire des pubs dans son sous-sol.» Toutefois, s’il pouvait aménager la législation sur le droit d’auteur, il le ferait. «Elle limite nombre d’artistes. Pour qu’ils exercent leur talent, il faudrait supprimer cette menace.»
    Après cinq morceaux à quatre mains, Di Franco veut faire une pause. Steinski, lui, souhaite continuer. C’est à ce moment qu’une nouvelle facette de son travail apparaît, des morceaux qui évoquent un événement ou un contexte bien précis. Le premier d’entre eux, «The Motorcade Sped On», évoque avec maestria l’assassinat de Kennedy à l’aide d’archives sonores. Lançant Steinski sur ce sujet, on se rend compte qu’il est fasciné par la voix, les mots. Pour lui, les enregistrements parlés (spoken word) sont des solos vocaux. «Quand Malcolm X ou un artiste comme Danny Hoch dit quelque chose d’une certaine façon, ça a une double résonance: la performance et le message.» On sent qu’on touche là sa «singularité»: depuis son enfance, il «s’intéresse à la manière dont les gens parlent».


    Quand Al Pacino hurle, «ça devient bon»

    On n’y résiste pas et on lui demande s’il a des dialoguistes favoris. Il cite David Mamet (Glengarry notamment, qu’il a «samplé à mort» sur son mix «Nothing To Fear»). Il cite aussi un auteur de polars, George V. Higgins (Les Copains d’Eddie Coyle). «Ses premiers romans décrivent des petits criminels à Boston. Il était procureur, les dialogues sont parfaits.» Il ajoute à la liste les tirades d’Al Pacino, «parce que dans chaque film ou presque, il commence à hurler. Et quand il commence à hurler, ça devient vraiment bon.»
    Au Zoo, c’est la voix samplée de Lawrence Lessig (professeur de droit progressiste en ce qui concerne le droit d’auteur) qui ouvre le set de Steinski. Elle demande «à qui appartient la culture?» La sélection est polymorphe, elle n’appartient qu’au bon goût: James Brown, musique brésilienne, du rhythm and blues, le tout «collé» en direct sur ordinateur. Un passage plus électronique, cubain, du big band (et Steinski d’esquisser généralement le pas de danse correspondant). Il parsème ces deux heures de reconstitutions de ses débuts avec Double Dee (les célèbres «Lessons»). Elles enflamment les aficionados qui communient à leurs collisions. Pas mal, pour un quidam de banlieue.


     

    Accrochages illicites
    L’existence de l’objet est un événement en soi, après plus de vingt ans de diffusion sous le manteau, le label Illegal Art rassemble la quasi-totalité des titres de Steinski, avec ou sans Double Dee. Si les classiques se succèdent, on découvre aussi des pépites, tel ce «It’s Up To You», titre anti-guerre du Golfe (première du nom) où George Bush père exhibe un sens du rythme insoupçonné. Autre surprise, un hommage fin et saisissant aux victimes du 11-Septembre. Steinski s’essaye également à la forme longue, avec un «Nothing To Fear mix» d’une heure, diffusé à la radio en 2006 et plutôt séduisant. BPR

    Steinski, What Does It All Mean? 1983-2006 Retrospective, Illegal Art.

    Paru le 13 Février 2009 dans Le Courrier.

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  • July 04, 09:16 AM

    France Télécom: une gestion suicidaire (2 octobre 2009, Le Courrier)

     PROPOS RECUEILLIS PAR BENOÎT PERRIER    

    FRANCE - L’opérateur a vu vingt-quatre de ses employés se donner la mort en dix-huit mois. Sa gestion est sur le banc des accusés: les explications du sociologue Vincent de Gaulejac.
    La polémique fait rage chez nos voisins. Quelle responsabilité la direction de France Télécom porte-t-elle dans la vague de suicides qui a touché l’entreprise durant les dix-huit derniers mois – vingt-quatre, dont le dernier lundi en Haute-Savoie? Alors que l’opposition de gauche appelle à la démission du président-directeur général Didier Lombard, Christine Lagarde, ministre de l’Economie lui renouvelait hier, «sa pleine et entière confiance».

    «On met les employés dans des situations paradoxales qui les rendent fous»

    En tous les cas, les méthodes de gestion de France Télécom sont mises en cause. Dès 2002, une restructuration drastique y a pris place, après que l’éclatement de la bulle internet a lourdement endetté l’ex-entreprise publique. Vingt mille départs ont été enregistrés entre 2003 et 2006; vingt mille de plus étaient prévus à partir de 2007. Une thérapie de choc, réalisée notamment par des changements de poste quasi obligatoires.
    Les syndicats ont recensé ces derniers et créé un Observatoire du stress et de la mobilité forcée. Il a calculé que, depuis 2002, un salarié du groupe a, en moyenne, changé de poste tous les vingt-sept mois. Cette collecte de données a aussi permis de lier les suicides, mettant en lumière la tragique série.
    La médiatisation de celle-ci a suscité un regain d’intérêt pour la souffrance au travail, un thème étroitement lié aux méthodes de management, comme l’explique Vincent de Gaulejac, psychosociologue et directeur du Laboratoire de changement social à Paris Diderot (Paris 7)(1).

    Vingt-quatre suicides en dix-huit mois. Quelles conséquences à ce sinistre «record»?
    Vincent de Gaulejac: Il est maintenant impossible pour France Télécom d’invoquer le seul problème personnel des victimes; en cela ce chiffre est important. Gouvernement et directions des ressources humaines réagissent habituellement en invoquant «un problème psychologique qui requiert des mesures psychologiques», mais ne remettent pas en cause les méthodes de management.


    Ce procès de la gestion brutale à France Télécom est donc une surprise?
    Non. Nous travaillons sur le sujet depuis plus de trente ans et nous assistons à une montée inéluctable de la pression au travail. On verra d’ailleurs obligatoirement d’autres cas de ce type. Le suicide, l’épuisement au travail (le burn-out) ou la dépression sont des symptômes des politiques de transformation des organisations. Je les appelle «gestion paradoxante»: on met les employés dans des situations paradoxales qui les rendent fous.


    Que voulez-vous dire?
    On fixe à l’employé des objectifs sans lui fournir les moyens de les atteindre; on le met en porte-à-faux avec son éthique. On favorise ainsi un sentiment de perte de sens, auquel contribuent aussi la gestion par objectifs, l’évaluation personnelle telle qu’on la pratique, et les politiques de mobilité. France Télécom a, par exemple, brièvement appelé son programme de changements de poste «time to move»: un «temps de bouger» érigé en norme, sans aucune justification, que ce soit de sa nécessité pour l’entreprise ou de son bénéfice pour l’employé. Une telle exigence ne fait pas sens.


    Comment a-t-on adopté ces méthodes à France Télécom?
    Ce modèle de gestion vient des multinationales comme Xerox, Hewlett-Packard ou Carrefour. Sous prétexte de modernisation, on l’importe dans les entreprises publiques – en Suisse aussi. Des entreprises publiques, il passe aux institutions et devient le modèle de l’Etat. Partant, il est présent dans tous les secteurs de la vie sociale et publique.
    L’entreprise le justifie par l’image de la «guerre économique». Elle est en conflit avec ses concurrents, ce qui justifie tous les sacrifices de la part de ses employés. On aboutit à une alternative morbide entre la «vie» de l’entreprise et celle de l’individu.


    Des procédés plus durement vécus dans une ex-régie publique?
    Sans doute. Les agents publics cultivaient la solidarité entre eux et un sentiment de servir un usager ou un bénéficiaire, pas un client. Ils avaient aussi souvent choisi le service public par proximité avec leur système de valeurs. Le sentiment de perte de sens est donc exacerbé dans leur cas.

    Quelle signification donner au geste des salariés de France Télécom?
    Le suicide dit trop, ou ne dit rien. Quand le président de France Télécom gaffe et parle de «mode», il a quand même une intuition: que pour la victime – inconsciemment – cet acte de non-sens prend sens quand il s’insère dans une série, et donc dans un mouvement collectif. Le passage à l’acte est ce qui subsiste quand il n’y a plus d’espace d’élaboration du conflit.

    Que faire contre cette «gestion malade»?

    Il faut se rendre compte que les paradigmes à partir desquels les managers pensent l’entreprise les empêchent de saisir ce qui s’y passe. Dans leur vision, l’humain est une ressource à gérer pour développer l’entreprise, la où, en fait, l’entreprise peut développer l’humain et la société. Il faut sortir de cette idéologie et construire l’entreprise avec les salariés. La solution est simple: traiter l’individu comme un sujet capable de réflexivité et de créativité, pas comme un objet.
    (1)Il est l’auteur de La société malade de la gestion (2005) et, avec Nicole Aubert, du Coût de l’excellence (1991), tous deux publiés au Seuil.

    Publié le 2 octobre 2009 dans Le Courrier.

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  • September 01, 12:09 PM

    sigimarra - PACIFIC! - Narcissus (Jagz Kooner remix) MP3 - SoundCloud

    Shared by livingdancing
    Y a une vibe kosmisch-Air-couillu sympa sur ce remix de @musicpacific. Enjoy. #fb
    "PACIFIC! - Narcissus (Jagz Kooner remix) MP3" by sigimarra. >> Shared via SoundCloud Y a une vibe kosmisch-Air-couillu sympa sur ce remix de @musicpacific. Enjoy. #fb
  • August 26, 01:31 AM

    Soundpool – Mirrors In Your Eyes « Music Musings and Miscellany

    Shared by livingdancing
    Test de Twitterfeed.
  • August 25, 03:20 PM

    Icons of the Web

    Shared by livingdancing
    Recensement du web en favicon (mais surtout un test de Twitterfeed qui a des veriges existentiels).

    (-3576,-3616,2)

    +

    Recensement du web en favicon (mais surtout un test de Twitterfeed qui a des veriges existentiels).
  • August 25, 02:44 AM

    Pensée au mixeur - very important news [Nitsuh on “Step Up 3D”]

    Shared by livingdancing
    Nitsuh on “Step Up 3D” : “a dance movie is much better if it’s actually a superhero movie”.

    very important news [Nitsuh on “Step Up 3D”]

    Où l’on vérifie que la 3D au cinéma est (tant qu’une grammaire ne sera pas fixée) l’antithèse du mimétisme. En d’autres termes, Avatar out, Theme Park, in.

    agrammar:

    So we went and saw STEP UP 3 IN 3D!!!, and here is my important opinion on it: basically, that shit was straight-up magical. I have not seen any of the other recent 3D stuff, because I am not super “into” movies or something. But when your use of 3D involves, like, Twitch and Kendra Andrews leaning out over the front seats and popping and locking up in my face, then yes, I would risk a thousand headaches for that.

    The best thing about this movie is the way its creators have realized that a dance movie is much better if it’s actually a superhero movie, only with dancing instead of fighting. So this takes place in the kind of comic-book New York where Moose (from #2) can break off from an NYU tour group and stumble into a critical dance battle in Washington Square Park. (Ridiculous — I walk through that park twice a day, and I wind up involved in like one battle a month, tops.) Also Red Hook is basically like Mad Max with crumping. But so anyway Moose meets a handsome young guy who’s basically a dancing G.I. Joe with less personality, and he’s whisked off to the secret lair where a crew of dance X-men train, and like … there’s a scene early on where he’s in a hallway being snuck up on by wall-climbing ninjas, and you momentarily fear for his safety, until you remember that all the villains really want to do is dance at him.

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    Nitsuh on “Step Up 3D” : “a dance movie is much better if it’s actually a superhero movie”.
  • August 24, 10:38 AM

    Nominations ou promotions dans l'ordre des Arts et des Lettres juillet 2010 - Ministère de la Culture et de la Communication

    Shared by livingdancing
    Arts et Lettres, juillet 2010. Un Daft Punk, Dorothée, un Couture et un chausseur, @martelf, etc.

    République Française

    Ministère de la Culture et de la Communication

    VU le décret n° 57-549 du 2 mai 1957 portant institution de l'Ordre des Arts et des Lettres et les textes le modifiant, notamment le décret n° 75-939 du 29 septembre 1975 modifié par les décrets n° 95-856 du 21 juillet 1995, n° 97-468 du 5 mai 1997, n° 99-1119 du 21 décembre 1999 et n° 2005-792 du 12 juillet 2005.

    VU l'avis émis par le Conseil de l'ordre des Arts et des Lettres réuni en séance plénière le 5 juillet 2010 lors de l’examen des candidats constituant la promotion des français de juillet 2010

    Arrête

    ARTICLE 1er : Sont nommés ou promus au grade de commandeur dans l'ordre des Arts et des Lettres :

    • M. Richard ANCONINA Comédien
    • M. Jean-Hugues ANGLADE Comédien
    • M. André ASCHIERI Maire de Mouans-Sartoux
    • M. Patrick AUBERT Chef des chœurs de l'Opéra national de Paris
    • M. Jean-Laurent COCHET Comédien, metteur en scène de théâtre
    • M. Claude GILLI Sculpteur
    • Mme Caroline HUPPERT Metteur en scène, scénariste, réalisatrice de films
    • M. Yves JAIGU Directeur de programmes télévisuels
    • M. Gérald MEERLOO Responsable d’un espace culturel
    • M. Jean-Michel MEURICE Artiste peintre, producteur de télévision
    • Mme Hélène de MONTLUC Chef du bureau de la propriété intellectuelle, ministère de la Culture et de la Communication
    • Mme Renée CLAUDEL épouse NANTET dite CLAUDEL-NANTET Fondatrice d’une association culturelle
    • M. Christian THOMAS de PANGE Administrateur de théâtre
    • M. Serge PEYRAT Ancien directeur-adjoint de la programmation d’un théâtre
    • M. Jean PIAT Comédien
    • M. Roland POQUET Créateur d’une association culturelle
    • Mme Micheline CHASSAGNE dite Micheline PRESLE Comédienne
    • M. Michel RABAUD Ancien chef de la Mission de la maîtrise de la langue française et de l'action territoriale
    • M. Olivier ROELLINGER Ecrivain, chef de cuisine, restaurateur
    • M. Jean ROY Critique de cinéma, président de la fédération internationale de la presse cinématographique
    • M. Jean ROZAT Directeur de stratégie télévisuelle

    ARTICLE 2 : Sont nommés ou promus au grade d’officier dans l’ordre des Arts et des Lettres :

    • M. Serge ABOUKRAT Galeriste
    • M. Georges AGNIEL Inventeur de la grotte de Lascaux
    • Mme Stéphanie AUBIN Danseuse et chorégraphe
    • M. Thierry de BEAUMONT Mécène
    • Mme Marie-Paule BELLE Auteur, compositeur, interprète
    • M. Pierre BERGOUNIOUX Ecrivain
    • Mme Caroline BISSIERE Directrice d’un centre d’art
    • M. Claude BLANCHEMAISON Diplomate, ancien secrétaire général de la présidence française de l'Union européenne
    • M. Narcis BONET Chef d'orchestre
    • M. Franck BOURNOIS Professeur d'université
    • M. Jacques BRAVO Inspecteur général honoraire de l’Education nationale, membre du conseil d’administration d’un théâtre
    • M. Gaëtan CARNOT Président d’une fondation scientifique et culturelle
    • M. André CHAULET Maître lissier
    • M. Simon COËNCAS Inventeur de la grotte de Lascaux
    • Mme Catherine CORSINI Cinéaste
    • M. Philippe COSTAMAGNA Directeur de musée
    • M. Marc-André DALBAVIE Compositeur
    • M. Jean-Pierre DARROUSSIN Comédien
    • M. Antoine DOUDOUX Maître artisan, décorateur
    • Mme Jacqueline DUHÊME Journaliste, illustratrice
    • M. Benoît DUTEURTRE Romancier, essayiste et critique musical
    • M. Thomas FERSEN Auteur, compositeur, interprète
    • M. Patrice FUSTIER Gérant de société, responsable culturel
    • M. Charles GADENNE Sculpteur
    • Mme Ghislaine GADJARD Ancienne conseillère pour le théâtre et l'action culturelle
    • M. Henri GIRARD dit Henri LE CHENIER Conseiller artistique d’un festival de musique
    • M. Philippe HIQUILY Sculpteur
    • M. Jean-Paul IMBERT Organiste
    • M. André JACQUIN de MARGERIE Directeur des relations internationales d’une chaîne télévisuelle
    • Mme Marie-Paule JEAN-LOUIS Conservateur, directeur de musée
    • M. Gérard JOURD'HUI Producteur, réalisateur, scénariste
    • M. Clément KELHETTER Tailleur de pierre, restaurateur de monuments
    • M. Pierre KYRIAZIDES dit Pierre KYRIA Journaliste, écrivain
    • M. François LACHARME Président de l'Académie du jazz
    • M. Jean de LAMBERTYE Président d’une association de sauvegarde du patrimoine
    • Mme Louise LE BAILLY de LA FALAISE épouse KLOSSOWSKI dite Loulou de La Falaise Créatrice de mode
    • M. Raoul LE CHENADEC Artiste lyrique
    • M. William LEDEUIL Cuisinier, restaurateur, écrivain
    • Mme Jany MACABIES dite Jany MACABY Secrétaire général d’une chaîne de radio
    • M. Christian MARIN Comédien
    • Mme Jannie MAYER Conservateur en chef honoraire du patrimoine
    • M. Armand MEIGNAN Président et organisateur d’un festival de musique
    • M. Olivier MEYER-HILFIGER dit Olivier MEYER Directeur de théâtre
    • M. Christopher MILES Adjoint au directeur général de la création artistique, ministère de la Culture et de la Communication
    • M. Pierre MOOS Collectionneur, mécène
    • M. Christophe MORY Directeur de collection d’une maison d’édition
    • Mme Hanan MOUNIB Conseiller diplomatique, organisatrice d’un salon du livre
    • Mme Anne-Marie POUPARD épouse MUNOZ YAGÜE Ancienne directrice artistique d’un créateur de mode
    • M. Alain NEGRET Gérant d’une société de communication
    • M. Philippe NUSBAUMER Documentaliste d’une galerie d’art
    • Mme Géraldine PAILHAS Actrice
    • Mme Gabrielle HIERLE épouse PALLARES Présidente d’une association d’amis de musée
    • M. Jean-Marie PANAZOL Président d’un Fonds Régional d' Art Contemporain
    • M. André PAUL Ecrivain, spécialiste de manuscrits anciens
    • M. Gérard PICAUD Vice-Président d’une association culturelle
    • M. Serge PLANTUREUX Libraire
    • M. Jean-Louis POISSON dit Jean-Louis PESCH Dessinateur et scénariste de bande dessinée
    • M. Stéphane QUESSARD Chef de chœur
    • M. Guy RAMONA Ancien président-directeur général d’un festival de musique
    • M. Thierry RASPAIL Conservateur en chef de musée
    • M. Jean-Michel RIBES Directeur de théâtre
    • M. Dominique ROUSSEL Conservateur de musée
    • M. Georges SAINTESPRIT Secrétaire général adjoint du Centre de recherche et de restauration des musées de France
    • Mme Margaret PFENNINGER épouse SALMON Conservateur en chef du patrimoine, responsable d’un service éducatif de musée
    • Mme Reine MORCHE épouse SAMMUT Chef de cuisine
    • M. Charles SCHAETTEL Conservateur en chef du patrimoine, conseiller musées d’une direction régionale des affaires culturelles
    • Mme Jeannette MEDINA épouse SEAVER Editeur de livres, concertiste
    • M. David SENAT Auteur d’ouvrages spécialisés
    • Mme Laurence KLAGSBALD épouse SIGAL Directrice de musée
    • M. Michel SILVESTRE Architecte
    • M. Jean-Louis VILA Artiste-peintre, ancien directeur d’une école des Beaux-Arts

    ARTICLE 3 – Sont nommés au grade de chevalier dans l'ordre des Arts et des Lettres :

    • Mme Chantal ACHILLI Directrice de théâtre
    • M. François ALAUX Réalisateur, auteur de courts métrages d'animation
    • M. José ALFARROBA Directeur de théâtre et de cinéma
    • Mme Véronique ANDRE Ecrivain, journaliste et critique gastronomique
    • M. Charles de ANTONI Trompettiste
    • M. Christian ARCHAMBEAU Ancien chargé de la surveillance de grottes et de sites préhistoriques
    • M. Maurice ARNOULD Ingénieur des services culturels
    • M. Prosper ASSOULINE Editeur
    • Mme Gwenaëlle AUBRY Ecrivain
    • M. Pascal AUMASSON Conservateur en chef, directeur de musée
    • M. Christian AUTHIER Ecrivain
    • Mme Anne AZEMA Artiste lyrique et directrice artistique d’un ensemble musical
    • M. Thomas BANGALTER Musicien, producteur et scénariste
    • M. Jean-Marie BARBE Créateur de films documentaires
    • Mme Rose ENET épouse BARDONNET-LOWRY dite Rose LOWRY Administratrice d'orchestre
    • Mme Françoise AMBERT épouse BARRES Créatrice d’une bibliothèque municipale
    • M. Gabriel BASTIAN Fondateur et animateur d’un groupe théâtral
    • M. Christian BAULEZ Conservateur général honoraire du patrimoine
    • Mme Nathalie PELLETIER épouse BEAUVAIS Chef de cuisine
    • M. Stéphane BECHY Directeur d’un conservatoire régional
    • M. Jérôme BEGLE Journaliste, directeur général adjoint de la rédaction d’un magazine
    • M. Abdelhamid BELHADJ HACEN Président d'une association pour l’insertion, la formation et l’alphabétisation
    • M. François de BERNARD de TEYSSIER Auteur d’ouvrages spécialisés
    • Mme Michèle BERREBI épouse BERREBI-ROULEAU Exploitante d’un cinéma
    • Mme Paula AISEMBERG épouse BERTHOU Directrice d’une fondation d’art contemporain
    • M. Emmanuel BEX Musicien de jazz
    • M. Jean-Louis BEYDON Directeur d’un conservatoire de musique
    • Mme Carole BIENAIME Productrice, directrice de films
    • Mme Marie-Claude BILLARD Conservateur de bibliothèque
    • M. Eric BINET Chargé de terminologie au ministère de l'Ecologie
    • Mme Béatrice BINOCHE Galeriste d'art contemporain
    • M. Albert BLANCHARD Coordinateur de tournages cinématographiques
    • M. Alain BLOTTIERE Ecrivain
    • Mme Anne-France BOISSENIN Ancienne directrice de la communication et du mécénat d’un opéra
    • Mme Christine BORGOLTZ épouse HALFF Directrice des relations extérieures d’une fondation culturelle
    • Mme Roselyne BOSCH Scénariste, réalisatrice et productrice
    • Mme Michèle BOSSEUR Directeur d’un centre national d’arts de la rue
    • M. Francesco BOUGLIONE Directeur d’un festival international du cirque
    • M. Jean-Paul BOURON Administrateur de productions musicales et metteur en scène
    • Père Philippe BOYER Fondateur d’une société d’amis des musées
    • M. Philippe BRIZON Président-Directeur général d’un centre culturel
    • Mme Lise BRUNEL Ecrivain, critique, historienne de la danse
    • M. Jean-Paul BRUNIER Publicitaire
    • Mme Roberte DICHAM épouse BUCHELER Présidente d’une association culturelle, aquarelliste
    • M. Stéphane BULLION Danseur Etoile de l’Opéra national de Paris
    • M. Hervé CABEZAS Conservateur de musée
    • M. Thierry CAENS Trompettiste
    • M. Lionel CAGNIART-LEROI Ecrivain, psychologue
    • M. Guillaume CANEL Avocat, mécène
    • M. Baudoin CAPELLE Président d’une association culturelle
    • M. Loïc CHALLIER Consultant culturel
    • Mme Claudine CHALMERS Auteur d’ouvrages spécialisés
    • M. Antoine CHAMPEAUX Conservateur honoraire de musée
    • M. Christian CHARLET Historien
    • M. Francis CHEVRIER Directeur d’un festival d’histoire
    • M. Nicolas CHIBAIEFF Commissaire général des années croisées "France-Russie"
    • M. Jean-Christophe CHOBLET Artiste plasticien, scénographe
    • Mme Norma CLAIRE Chorégraphe
    • M. Hervé CLAUDE Journaliste, écrivain
    • M. Henri de COLBERT Président d’une association de parcs et jardins
    • M. Emmanuel CONJAT dit Emmanuel THIBAULT Premier danseur à l'Opéra national de Paris
    • M. Jean-Lucien COQUANT Cuisinier
    • M. Loïc CORBERY Comédien, sociétaire de la Comédie-Française
    • M. Mauro CORDA Sculpteur
    • M. Eric CORDELLIER Auteur, compositeur
    • M. Bertrand COUTURE dit CharlElie COUTURE Chanteur, compositeur, peintre sculpteur, écrivain et photographe
    • M. Hervé de CRECY Réalisateur, auteur de courts métrages d'animation
    • Mme Nathalie DALAIN dite Chloé DELAUME Romancière
    • M. Louis-Philippe DALEMBERT Ecrivain
    • Mme Françoise BOYER épouse DAX Ecrivain, metteur en scène
    • M. Philippe DELABARRE Ancien chargé de mission pour la musique, la danse, l'art lyrique d’un Conseil régional
    • Mme Marie-Laure DELBOS Présidente d’une association d’amis du patrimoine
    • M. Francis DELON Chargé d'études documentaires aux Archives de Paris
    • Mme Mireille DELUNSCH Artiste lyrique
    • M. Patrice DENIAU Metteur en scène d’un spectacle vivant
    • M. Laurent DEUTSCH dit Lorànt DEUTSCH Comédien
    • M. Jean-Claude DIDELOT Président directeur général d’une société d’édition
    • M. Michel DIEUZAIDE Écrivain, réalisateur et photographe
    • Mme Hortense DUFOUR Écrivain
    • M. Patrick EVENO Professeur d'université
    • M. Christophe FERRE Auteur dramatique et romancier
    • Mme Elisabeth de FEYDEAU Historienne, experte en parfum
    • Mme Danièle DUCHEMIN épouse FLAVIER Directeur de l’action culturelle d’un Conseil général
    • M. Luc FORLIVESI Conservateur en chef du patrimoine, directeur d’Archives départementales
    • M. Jean FUSARO Artiste-peintre
    • M. Jean-Pierre GALLOIS Journaliste
    • Mme Fanny REBIBO épouse GASPARD dite GASPARD-REBIBO Collaboratrice à la mission de la recherche et de la technologie, ministère de la Culture et de la Communication
    • Mme Micheline FECHOZ épouse GAUTIER Président-Directeur général d’une société d’équipements scéniques
    • M. Pierre GAUTIER Ingénieur-conseil d’une société d’équipements scéniques
    • M. Vincent GIELLY Auteur, réalisateur, musicien de jazz
    • Mme Michèle GIFFAULT Conservateur en chef de musée
    • M. Emmanuel GLIMET Conseiller-maître à la Cour des Comptes
    • M. Philippe GOLDMAN Ancien attaché de conservation d’Archives départementales
    • Mme Martine GOSSIEAUX Galeriste
    • M. François GRANGIE Journaliste
    • M. Michel GUILLON Ecrivain
    • M. Olivier HALIGON Réalisateur de sculptures monumentales
    • M. Jean HENRIC Président national d’une fédération de petits chanteurs
    • Mme Danièle HIBON Responsable du service audiovisuel d’un musée
    • Mme Mauricette LHERMITTE épouse HIDALGO Fondatrice d’une revue musicale
    • M. Guillaume de HOMEM-CHRISTO Musicien, producteur et scénariste
    • Mme Vanina PAOLI épouse HORHAN dite Vanina PAOLI Fondatrice d’un festival de piano
    • Mme Frédérique HOSCHEDE dite DOROTHEE Productrice, animatrice de télévision, chanteuse et actrice
    • M. Ludovic HOUPLAIN Réalisateur, auteur de courts métrages d'animation
    • M. Régis HUEBER Chargé de la conservation d’un musée
    • Mme Jacqueline THOME épouse JACQUE Conservateur de musée
    • M. Jean-Louis JANIN DAVIET Directeur marketing et artistique de société
    • M. Daniel JAUNARD Restaurateur de peintures
    • M. Patrick JEFFROY Chef de cuisine
    • M. Michel JOSSAY Médecin, écrivain
    • M. Jacques JOYEROT Restaurateur d'art
    • Mme Soraya KARKACHE Chef du service des expositions d’un musée
    • Mme Emilienne KAUFFMANN Responsable de l'antenne d’une radio régionale
    • M. Jean-Luc KOMADA Membre d’une association culturelle
    • M. Alexis KUGEL Antiquaire, mécène
    • M. Nicolas KUGEL Antiquaire, mécène
    • M. Yves SEVEILLAC de LA TOUR D’AUVERGNE dit Yves de LA TOUR D’AUVERGNE Artiste-peintre et sculpteur
    • M. Hubert LACROIX Directeur d’une fonderie
    • M. Georges LADREY Artiste-peintre
    • Mme Marie LAJARRIGE Poétesse
    • M. Jean LALANNE dit Jean-Félix LALANNE Guitariste, chef d'orchestre, auteur- compositeur- arrangeur
    • M. Jean-Marie LANG Président d’une association culturelle pour malvoyants
    • M. Sébastien LANOYE Conservateur du patrimoine, directeur d’un centre culturel français
    • Mme Claire VERDIER épouse LAPEYRE Attachée culturelle
    • M. Patrick LASSERRE Directeur général adjoint des services culturels d’un Conseil général
    • M. Patrick LE CHANU Conservateur en chef du patrimoine, conseiller musées d’une direction régionale des affaires culturelles
    • M. Fabien LECŒUVRE Attaché de presse, auteur spécialisé
    • M. Loïc LECOMTE Directeur programmateur d’une scène de musiques actuelles
    • M. Eric LEDRU Editeur d'histoire, journaliste et commissaire d'expositions
    • M. Michel LEFEVRE Chef de chœur
    • Mme Monique WEINZAEPFEL épouse LEIMBACH Organisatrice d’un festival de musique
    • M. Henri LE MORE Editeur
    • M. José LEVY Créateur, designer
    • M. Marie-François LHOTE de SELANCY de BERTHIER de SAUVIGNY Délégué départemental adjoint d’une association de sauvegarde du patrimoine
    • Mme Micheline NEHME épouse LIONS Donatrice de musée
    • M. Jean-Pierre LOCCI Président d’une association pour la sauvegarde et la promotion du patrimoine industriel
    • M. Michel de L'ORMERAIE Editeur de livres rares
    • M. Christian LOUBOUTIN Bottier
    • M. Thierry LOUP Directeur d’un espace culturel
    • Mme Odile HERGOUS épouse LUGINBUHL Coordinatrice d’un concours national sur la langue française
    • Mme Laurence MADRELLE Graphiste
    • M. Jean MAILLOT Fondateur d’une compagnie théâtrale amateur
    • Mme Simone de GERIN-RICARD épouse MAITREPIERRE de CHAPTAL Ancienne déléguée départementale d’une association de sauvegarde du patrimoine
    • M. Frédéric MALLE Editeur de parfums
    • M. Alain MANAC'H Délégué général d’un mouvement d'éducation populaire
    • M. Alain MANEVAL Auteur concepteur d'émissions radio et télévisées, documentariste
    • Mme Marion MANGON Chef du département des expositions, Réunion des Musées Nationaux
    • M. Jean-Marie MARZI Organiste
    • M. Frédéric MARTEL Ecrivain et journaliste
    • M. Jean-Baptiste MARTIN Professeur d’université, cultures et langues régionales
    • M. Antoine MARTINEZ Maire de Bédarieux
    • Mme Isabelle MAYEREAU Auteur, compositeur, interprète
    • M. Kamel MENNOUR Galeriste
    • M. Benoît MENU Coordinateur d’un centre d’enseignement sur les médias d’information
    • Mme Véronique NORA épouse MILIN Journaliste
    • Mme Caroline MIOCHE Restauratrice
    • M. Gilles de MONTAUZON Artiste plasticien
    • M. Claude MORIZUR Directeur d’un centre national d’arts de la rue
    • Mme Gladys MOUGIN Galeriste
    • Mme Delphine MOUSSIN Danseuse Etoile de l'Opéra national de Paris
    • M. Gaspar MOUTTAPA Musicien, fondateur d’une école de musique indo-européenne
    • M. Phu-Thu NGUYEN Editeur d'un dictionnaire quadrilingue (anglais, français, vietnamien et allemand)
    • Mme Marie-Jeanne NICOLI Directrice de la culture d’une mairie
    • Mme Marie-Christine ELIE épouse OBERLINKELS Directrice de théâtre
    • Mme Agathe OLIVIER Artiste de cirque, co-fondateur d’une compagnie
    • M. Joseph ORHAN Restaurateur d’un monument historique
    • M. Norbert OTT Compositeur, chef de chœur
    • Mme Sylvie OUSSENKO Artiste lyrique, auteur d'ouvrages spécialisés
    • M. Pierre PACAUD NOUËL de KERANGUE dit Pierre de KERANGUE Créateur d’une librairie de livres anciens
    • Mme Isabelle KUH épouse PAILLOT Présidente d’une association d’amis d’une cathédrale
    • M. Jean-Christophe PALTHEY Antiquaire et expert en phaléristique
    • M. Karl PAQUETTE Danseur Etoile de l'Opéra national de Paris
    • M. Jacques PATAROZZI Danseur, chorégraphe, fondateur et directeur d’une revue théâtrale
    • M. Simon PIECHAUD Conservateur régional des monuments historiques
    • M. Robert PIENCIKOWSKI Musicologue, professeur, compositeur
    • M. Emmanuel PIERRAT Avocat, écrivain et éditeur
    • Mme Laurence PIQUET Journaliste
    • M. Pierre POUS Conteur traditionnel
    • Mme Mighette MOÏSE épouse PRUVOST Archiviste
    • Mme Zahia RAHMANI Ecrivain
    • M. Jean-Pierre RESPAUT Directeur général d’une agence de voyages culturels
    • M. Pierre REVERDY Maître d'art, coutelier d'art
    • Mme Nicole PIEL épouse REVERDY-PIEL Emailleuse d'art
    • M. Antoine RIGOT Artiste de cirque, cofondateur d’une compagnie
    • M. Patrick RIMOUX Concepteur lumière
    • Mme Mireille ROBIN Traductrice de serbe, croate et bosniaque
    • M. Jean-Pierre ROBINO Journaliste et rédacteur en chef d’un journal régional
    • M. Hervé de ROCQUIGNY Mécène
    • Mme Andrée ALAMAN épouse ROSIER Chef de cuisine
    • M. Bernard ROTH Président d’une association d’architectes
    • M. Pierre ROUSSE Architecte
    • M. Jean-Jo ROUX Chef d'orchestre et compositeur
    • Mme Annie CHARLES épouse SALLES Collectionneuse, donatrice
    • M. Bernard SAUVAT Auteur, compositeur et interprète
    • M. Jean-Pierre SCHNEIDER Artiste peintre, scénographe
    • M. Romuald SCIORA Cinéaste, écrivain
    • Mme Emmanuelle SEIGNER Comédienne, chanteuse
    • Mme Irène NARODETZKY épouse SILVAGNI Directrice de création de mode
    • M. Jean STERE Créateur d’un salon de peintres vietnamiens
    • M. Antoine TASSO Technicien d'art d’un musée
    • M. Ludovic TEZIER Artiste lyrique
    • Mme Catherine THEPOT-PESNON Responsable de la communication et des relations publiques d’un centre de musique baroque
    • M. Olivier de TILIERE Journaliste et créateur d'un grand prix de la photographie gastronomique
    • M. Slimane TIR Vice-président d’une association pour l’insertion, la formation et l’alphabétisation
    • M. Jérôme TISSERAND Artiste-peintre
    • M. Philippe TOURON Libraire
    • M. Christian TROTTMANN Chercheur au CNRS, médiéviste
    • Mme Francine LOÏ épouse TROUPILLON Directeur d’une société internationale d’architectes
    • M. Jean-Eric VALLI Cofondateur et président d’une société de radios indépendantes
    • M. Henri VAN MELLE Producteur d'évènements culturels et audiovisuel
    • Mme Aline VIDAL épouse BAUDILLON Galeriste
    • Mme Anne VOLKOFF Chef de service dans une bibliothèque
    • Mme Marie-France NOËL épouse WALDTEUFEL dite Marie-France NOËL-WALDTEUFEL Ingénieur de recherche dans un musée
    • Mme Anémone WALLET Directeur délégué d’une société d’amis de musée
    • Mme Nicole BROCARD épouse WILLK dite Nicole WILLK-BROCARD Chargée de la protection et la valorisation des œuvres littéraires aéronautiques
    • M. Joël WIRSZTEL Directeur de publication et de rédaction d'un quotidien de l'audiovisuel
    • Mme Irène ZACK Sculpteur
    • Mme Nicole ZAPATA épouse ZAPATA-AUBE Directrice d’un musée
    • Mme Catherine ZASK Graphiste
    • Mme France ZOBDA Actrice et productrice

    ARTICLE 4 - Le présent arrêté sera publié au Bulletin officiel des Décorations, Médailles et Récompenses.

    Fait à Paris le 23 juillet 2010

    Frédéric MITTERRAND

    Arts et Lettres, juillet 2010. Un Daft Punk, Dorothée, un Couture et un chausseur, @martelf, etc.
  • August 01, 03:55 AM

    Le retour du mouton noir - Fondue, la Suisse ?

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    Hé, tombé sur le blog de la correspondante du Figaro chez les helvètes, @MarieMaurisse. Ouala, bon dimanche.
  • July 31, 06:22 PM

    Lisez l'interview complète du directeur de la billeterie | LeMatin.ch

    Shared by livingdancing
    #prince, #geneve, #ripoff. Où l'on apprend l'existence de "huitaine" et que tout prétexte est bon pour cartelliser.

    Interview d'Olivier Grandjean, directeur de la billetterie genevoise ResaPlus

    le 31 juillet 2010, 23h28
    Le Matin Dimanche

    Suite à l'annulation du concert de Prince, le 23 juillet, votre société va-t-elle attaquer le producteur Daniel S. Quarcoopome en justice?
    Oui, évidemment Nous avons rendez-vous lundi avec notre avocat pour définir la suite. Je ne sais pas encore quelle sera la procédure exacte, mais nous changeons clairement de ton. Depuis l'annulation du concert le 22 juillet, nous avons laissé une huitaine de jours à Daniel S. Quarcoopome pour arranger la situation. Maintenant, ça suffit. Peu importe si ce concert a lieu ou non, nous voulons rembourser nos clients qui ont acheté un billet et qui le désirent. Tout comme nous l'avions fait pour le concert du 12 juin, qui a ensuite été reporté au 23.

    Etes-vous toujours en contact avec Daniel S. Quarcoopome?
    Oui. Il nous répond toujours que le concert aura lieu bientôt, qu'il faut attendre, qu'il négocie un report, etc. Mais maintenant, ça suffit.

    Quelle somme lui avez-vous versée comme avance?
    Je ne peux pas donner tous les détails pour l'instant. Mais c'est lui qui est totalement responsable de cet argent, comme tout organisateur réclamant des avances sur recettes. Nous ne sommes que l'intermédiaire mandaté pour la distribution des billets.

    Vous vous êtes faits rouler dans la farine...
    Oui, tout le monde s'est fait pigeonner. Nous nous sommes fait avoir collectivement. En dix ans, c'est la première fois qu'il nous arrive un truc pareil. Daniel S. Quarcoopome était notre seul interlocuteur direct, mais il avait derrière lui un avocat reconnu de la place genevoise, une fiduciaire, une société ayant pignon sur rue, un contrat avec le management de Prince....les garanties étaient solides. On est des professionnels, on ne l'a pas rencontré sur une plage ! Mais maintenant, on aimerait comprendre qui a joué à quoi là-dedans. Parce qu'on a beaucoup souffert dans cette histoire. Énormément même.

    Comment éviter qu'un fiasco pareil ne se reproduise ?
    Je pense que cela passe notamment par une professionnalisation du statut d'organisateur, comme le propose très justement Michael Drieberg begin_of_the_skype_highlighting     end_of_the_skype_highlighting. Et une charte entre billetteries pour un axe commun et loyal est indispensable.

    #prince, #geneve, #ripoff. Où l'on apprend l'existence de "huitaine" et que tout prétexte est bon pour cartelliser.
  • July 31, 07:46 AM

    Alexander Trocchi | HiLobrow

    Shared by livingdancing
    In which we reassert «Cain's book» as the masterpiece that it is. #trocchi
  • July 30, 03:43 AM

    Pour l'honneur de la justice - LeMonde.fr

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    OMG, MAM, LOL. #woerth Score: un argument ponctuel valide et une confusion générale de la partie et du tout.
    Point de vue

    Pour l'honneur de la justice

    LEMONDE.FR | 29.07.10 | 10h15  •  Mis à jour le 29.07.10 | 14h08

    Michèle Alliot-Marie, garde des sceaux, ministre de la justice et des libertés

    Il n'est pas de République sans une justice respectée. J'ai une haute idée de la justice de mon pays. J'ai une grande considération pour les magistrats. Alors je dis "assez" aux attaques aussi absurdes qu'injustifiées qu'on a vu fleurir ces derniers mois et ces dernières semaines. L'institution judiciaire et ceux qui la servent avec compétence, courage et dévouement, méritent qu'on les respecte.

    Quel mépris de la part de ceux, politiques, avocats et même syndicats de magistrats qui dénoncent une "justice aux ordres", faisant fi du professionnalisme et de l'éthique des magistrats français. Quelle inconscience de la part de ceux, hélas parfois magistrats eux-mêmes, qui attaquent personnellement un magistrat, sans prendre garde qu'en insultant un procureur, ils insultent le ministère public et la magistrature tout entière. Quelle médiocrité de la part de ceux qui, par ignorance, inculture ou opportunisme politicien de bas étage, agitent le soupçon d'un parquet aux ordres du gouvernement. Chaque jour apporte son lot de fuites médiatiques démontrant, avec force détails et descriptions, la progression des enquêtes.

    Que penser quand un ancien ministre de la justice oublie la dignité de la fonction qu'elle a exercée et rejoint dans cette démarche de dénigrement députés socialistes et organisations syndicales ouvertement d'opposition ? Quelle conception de l'indépendance de la justice ont donc ceux qui prétendent décider de son cours ? Comment peut-on, le matin, dénoncer d'imaginaires interventions de l'exécutif dans le judiciaire, pour exiger, l'après-midi, que le garde des sceaux choisisse tel ou tel magistrat pour mener les enquêtes ?

    Faudra-t-il aussi, pour les satisfaire, choisir les fonctionnaires de police, les greffiers, les avocats, puis in fine les juges, au gré de leurs revendications ? Ont-ils conscience qu'en attaquant une procédure en tous points légale, c'est la justice tout entière qu'ils remettent en cause ? Que les choses soient claires : une telle intrusion du garde des sceaux dans une procédure en cours est strictement incompatible avec la vision que je me fais de la justice et de ma propre fonction.

    INDÉPENDANCE ET IMPARTIALITÉ

    L'impartialité de la justice impose sa sérénité. Elle doit s'abstraire et être protégée des contingences médiatiques, politiciennes voire personnelles. Ceux qui pour asseoir leurs postures et leurs attaques politiciennes prétendent douter de la justice donnent une bien triste image de la politique et de la démocratie. Inconséquence ou cynisme de leur part, je l'ignore. Ce que je sais, c'est que les magistrats méritent mieux que cela, que les institutions de la République exigent mieux que cela. La justice est l'un des piliers de la République. Elle est rendue au nom du peuple français. Le parquet enquête, parle et défend les intérêts non de tel ou tel mais de la société.

    Garde des sceaux, ministre de la justice, il est de mon devoir de préserver la justice de toute pression, qu'elle soit hiérarchique, politique ou médiatique. Au nom de l'indépendance de la justice et afin de garantir au mieux la sérénité des enquêtes, je ne commente ni n'interviens dans les procédures en cours. Les mêmes raisons me conduisent naturellement à m'opposer à toute tentative, d'où qu'elle vienne, d'influer sur le cours de la justice. La justice n'appartient ni au gouvernement, ni à une poignée de spécialistes du bruit médiatique. Indépendance et impartialité en sont les vertus premières. Les remettre en cause pour des motifs de basse politique est préjudiciable à la confiance des Français en leur justice, et donc à la société tout entière.

    Une justice sereine, impartiale, indépendante, attentive aux plus fragiles autant qu'aux puissants doit être à l'abri de l'intervention des individus et des tumultes de la conjoncture. C'est ma conviction, et c'est le sens mon engagement en faveur de la justice, dans l'intérêt de la France.

    Michèle Alliot-Marie, garde des sceaux, ministre de la justice et des libertés
    OMG, MAM, LOL. #woerth Score: un argument ponctuel valide et une confusion générale de la partie et du tout.
  • June 07, 04:00 AM

    Roberto Rossellini and World War II: Part One

    The three visually dissimilar but thematically interlocked films made by director Roberto Rossellini, dramatizing the last days of the Second World War and its aftermath, constitute nothing less than the birth of a new European cinema. Many of the technical and stylistic ideas that later flowered in the French and American New Waves, and in [...]
  • July 30, 02:24 AM
  • July 28, 10:54 AM

    How to Write about Haiti | Mediahacker

    Shared by livingdancing
    How to write about Haiti. Well worth a read. (french version at http://j.mp/aWffUu ) #fb

    How to Write about Haiti

    July 23, 2010

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    Actor Sean Penn, who is helping manage a camp of displaced earthquake victims in Haiti, is making pointed criticisms of journalists for dropping the ball on coverage of Haiti. He’s wrong. I’ve been on the ground in Port-au-Prince working as an independent journalist for the past ten months. I’m an earthquake survivor who’s seen the big-time reporters come and go. They’re doing such a stellar job and I want to help out, so I’ve written this handy guide for when they come back on the one-year anniversary of the January quake! (Cross-published on the Huffington Post, inspired by this piece in Granta.)

    For starters, always use the phrase ‘the poorest country in the Western hemisphere.’ Your audience must be reminded again of Haiti’s exceptional poverty. It’s doubtful that other articles have mentioned this fact.

    You are struck by the ‘resilience’ of the Haitian people. They will survive no matter how poor they are. They are stoic, they rarely complain, and so they are admirable. The best poor person is one who suffers quietly. A two-sentence quote about their misery fitting neatly into your story is all that’s needed.

    On your last visit you became enchanted with Haiti. You are in love with its colorful culture and feel compelled to return. You care so much about these hard-working people. You are here to help them. You are their voice. They cannot speak for themselves.

    How to write about Haiti. Well worth a read. (french version at http://j.mp/aWffUu ) #fb
  • August 01, 05:58 AM

    The Corner - Last Exit to Baltimore

    ...
    "D'un côté le coin grouille de vie, de l'énergie de tous ces gens qui tentent de survivre ; de l'autre la mort rôde, lente agonie des camés ou violence par armes à feu."

    Ce n'est pas le moindre des paradoxes de The Wire : à peine quittée Baltimore, on meurt d'envie d'y retourner. On a eu toutes les meilleures raisons du monde de ne jamais y remettre les pieds, mais impossible de résister à son inexorable attrait. Subitement, on comprend mieux l'attitude de rares gamins de ses rues ayant eu la possibilité de s'en sortir et y retournant malgré tout sans cesse.

    Aussi tel un drogué en manque on cherche, on farfouille dans les fonds de tiroirs de l'histoire de la télé, espérant sans doute y découvrir un chef-d'oeuvre oublié qui serait signé de la main de ses auteurs. Et c'est presque par hasard qu'on tombe sur The Corner, six épisodes oubliés, rarement mentionnés dans les biographies francophones et directement adaptés de The Corner: A Year in the Life of an Inner-City Neighborhood, second livre de David Simon (co-écrit avec Ed Burns, futur scénariste de The Wire), qu'on cherchait depuis un moment (le précédent, Homicide, était évoqué dans l'article sur la saison 1 ci-dessus linké). Le plan introductif suffit à convaincre que ça y est, nous voilà enfin de retour à la maison :

    "Ceci est l'histoire de véritables hommes, femmes et enfants vivant au coeur du marché de la drogue. Leurs voix se font trop rarement entendre."

    Inutile d'être grand clerc ou particulièrement perspicace pour s'apercevoir rapidement que, réalisée deux avant The Wire, The Corner en est l'indiscutable matrice. Tout en se focalisant sur le quotidien d'une famille de drogués, la série déroule des thématiques qu'on retrouvera plus tard dans la série mythique (certaines séquences - comme celle où les flics conseillent à Dre de raser ses dreads s'il veut avoir une chance de passer inaperçu - y renvoyant directement), le tout dans un décor rigoureusement identique (ah ! le fameux coin de Monroe et Fayette... ah ! le commissariat ! enfin bref : c'est Baltimore, quoi). Difficile d'ailleurs de déterminer si l'on ressentirait la même fascination pour cette télésuite sans avoir vu The Wire au préalable. Le ton (à la fois sombre, drôle et tendre) est assez proche, l'atmosphère est la même, beaucoup de comédiens sont communs aux deux... mais la narration est bien plus simple et la réalisation beaucoup plus classique (le metteur en scène Charles S. Dutton étant d'ailleurs le seul de la fine équipe de The Corner à ne pas avoir été reconduit sur The Wire).

    Beaucoup plus centrée sur les personnages, The Corner s'attache réellement à trois d'entre eux, le fils dealer et les parents camés, et c'est principalement à travers ce trio qu'elle distille ses considération douces-amères sur l'évolution d'un quartier qui, via quelques flashbacks plutôt bien dosés, apparaîtra au spectateur selon ses différentes facettes. Assumant et même revendiquant son côté docu-fiction (le moindre petit évènement y est inspiré de faits réels), l'ensemble est rythmé par de fausses interviews placées en prologue et épilogue de chaque épisode - procédé qui n'est évidemment pas exempt de didactisme (un exemple ? cette enseignante qui, à propos de ses turbulents bébés dealers, déclare qu'ils ont malgré tout un bon fond... le genre de commentaire dont aucun personnage de The Wire n'a jamais eu besoin de se fendre pour nous le faire comprendre).

    Il n'empêche que le résultat, en dépit de ces quelques faiblesses, est tout à fait réussi, posant déjà en filigranes (et quasiment sans flics) la question de cette sempiternelle guerre contre la drogue dans laquelle l'Amérique s'est engouffrée depuis quarante ans jusqu'à perdre son âme. Encore très marquée par le travail journalistique de David Simon, qui présida à cette série comme aux suivantes (The Wire, donc, mais aussi Generation Kill  et Treme), The Corner ressemble à un prequel imaginaire (puisque réellement tourné avant), et gagne probablement à être découverte après plutôt qu'avant les aventures de McNulty, Bunk et les autres. L'on y verra alors Simon et Burns très appliqués, disposant méthodiquement les premières pièces de leur moderne comédie humaine, et l'on saisira subitement bien mieux leur méthode de travail et la cohérence de leur parcours...


    The Corner, créée par David Simon (2000)

  • July 28, 08:31 AM

    Warlogs : la nouvelle guerre de l'information - davduf|net

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    Pour @davduf, les warlogs marquent l'entrée du journalisme de données sur le devant de la scène.
    Internet, vieille presse, wikimania

    Warlogs : la nouvelle guerre de l’information

    mardi 27 juillet 2010, par davduf | Lu à 1528 reprises depuis sa mise en ligne | 4 réax | Mots clés: Société de contribution | Enquête |

    Ce qui s’est joué dimanche soir, avec la divulgation de plus de 90.000 documents classés « secrets » sur la guerre en Afghanistan, c’est probablement une révolution en marche. Celle de la mort lente, inexorable, d’une certaine vision du métier. La fin annoncée du journalisme fermé, jaloux de ses sources, pris entre l’étau de la course à l’info, du buzz-minute, et des deux feuillets-pépère. Et la confirmation d’une nouvelle ère : l’Internet en média majeur.

    Avec les warlogs, la guerre de l’info a — enfin — pris une nouvelle tournure. Le métier redevient passionnant. Même si l’issue, comme dans toute guerre, est foutrement incertaine. Ces warlogs sont ni plus ni moins un acte fondateur comme, en son temps, l’embuscade tendue par le Drudge Report. Avec une nuance, de taille : entre une connerie de cigare présidentiel et une saleté de guerre, il y a un monde. Ce monde, c’est quinze ans d’informations sur Internet, et c’est cette histoire de warlogs, proprement sidérante.

    Récapitulons.

    Une nouvelle forme d’informateurs

    A la base, l’organisation Wikileaks. Une drôle d’entité. A la fois la source, le relais et le co-diffuseur d’informations sensibles. Jusqu’ici, Wikileaks s’était fait connaître en publiant des révélations refusées parfois par des titres, disons, institutionnels. Dans le cas des Warlogs, c’est l’inverse : Wikileaks est le fournisseur. La logique est inversée, le journalisme bientôt bouleversé.

    Dans les troupes de Wikileaks, on retrouve un personnage charismatique, comme il se doit, l’australien Julian Assange, son porte-parole ; sorte de leurre people malgré lui, tête d’ange et calme fou, qui permet à toute une équipe de travailler dans le secret et l’anonymat. Une équipe composée, entre autres, de journalistes. Assange lui-même, et ça compte, si l’on veut observer les bouleversements de la corporation, vient « du journalisme papier », comme il l’a rappelé hier lors de sa conférence de presse. La relation à cette nouvelle forme d’informateurs, la génération wiki, venue de l’open source et revenue (probablement) du reste, risque bien de modifier certaines méthodes de travail pour tous ceux dont informer est le métier.

    Julian Assange
    Porte parole de Wikileaks.org (à gauche)

    Victoire du « slow journalism »

    Un des faits d’armes de cette bataille de l’info, c’est évidemment l’embargo imposé à trois des plus prestigieux titres de la presse mondiale. En effet, le New York Times, le Guardian et le Spiegel ont accepté — chose inédite — de travailler ensemble et en silence ; et d’attendre le 25 juillet pour faire feu, au moment même où Wikileads mettait en ligne ses documents. Le Guardian a ce mot, étonnant, dans le monde ultra-compétitif dans lequel la presse se débat : les journaux en question et Wikileaks ont scellé une « joint venture ». La masse d’informations à traiter impliquait une telle solidarité.

    Jusqu’ici, cette solidarité se voyait parfois sur le terrain, entre deux reporters copains ; ou entre télévisions (pour des raisons techniques : satellites, lumières, batteries, K7) ; mais jamais à ce niveau, et jamais sur cette durée, jusqu’à dimanche.

    Plus notable encore, cette alliance est aussi la marque du slow journalism, le journalisme lent, calqué sur le mouvement slow food, celui qui prend son temps, qui recoupe, qui évalue, pèse, doute, soupèse, et re-doute. Il faut des nerfs, ne pas craindre les fuites aux fuites, les tirs amis de la concurrence. Sur ce coup, le New York Times, le Guardian et le Spiegel ont été magistraux.

    Dès la publication des warlogs, les deux premiers s’expliquaient d’ailleurs. Ils faisaient du méta journalisme, comme c’est devenu désormais l’usage, depuis l’irruption du Net comme aide logistique à la critique des médias. C’est ainsi qu’un rédacteur en chef du NY Times nous apprend que son journal « a passé près d’un mois à fouiller les données à la recherche d’informations et de tendances, les vérifiant et les recoupant avec d’autres sources. » Il ajoute que « Wikileaks n’a pas révélé la manière dont il a obtenu les fichiers, pas plus qu’il n’a été impliqué dans le travail journalistique des entreprises de presse ». Au détour de ce making of salutaire, on apprend aussi que chacun a pris ses responsabilités : la Maison Blanche, mise au parfum par le New York Times, qui légitimement lui demandait sa version des faits, a exhorté WikiLeaks à ne pas rendre publics des documents qui auraient pu nuire à la sécurité des troupes présentes sur place. Ce qui a été fait. On notera au passage le fair-play du bureau ovale (qui ne pouvait, de toutes façons, que constater les dégâts) : pas de pré-fuites, pas de diversion ante-publication, comme c’est bien souvent le cas en France.

    Pour être complet, le slow journalism existait avant le slow journalism. Le New Yorker en est l’illustration parfaite, voir le portrait fleuve de Julian Assange publié en juin.

    Lignes de front et Grande Chasse A La Donnée Brute

    Depuis dimanche, deux écoles s’affrontent. Comme de juste, en pareil cas. Ceux qui s’interrogent sur la source, ses méthodes, sa « stratégie bien rôdée », ses relations, son « opacité », comme pour mieux la dévaluer si besoin était. Et ceux qui embrayent, et répercutent l’information, de plus ou moins bonne grâce.

    Mais avec les warlogs, un fait nouveau apparaît aux yeux du grand public. Ce fait, c’est le data-journalism. « J’admets, dit ainsi Roy Greenslade, de la City University de Londres, que j’ai longtemps défendu l’idée que les sources sont l’âme du journalisme. Mais j’ai rejoint le point de vue selon lequel les données sont plus précieuses [...] Wikileaks, tant d’un point de vue éthique que pratique, est le produit du nouveau paysage médiatique qui permet une plus grande transparence et une responsabilité accrue comparée au passé. »

    En rendant publiques les données, l’équipe de Wikileaks permet en effet à tout un chacun de s’en saisir. Dans le monde entier, des gens, des blogs, des journaux, ont commencé à scruter, à s’intéresser aux fiches, à les recouper. C’est la nouvelle école. D’autres, dans un même élan contributif, se sont mis à plusieurs pour retranscrire sur un Google Doc la conférence de presse londonienne de Julian Assange (lundi après midi).

    L’application d’Owni.fr
    « Montrer aux utilisateurs la réalité de la guerre en Afghanistan en leur donnant accès aux communications de l’armée US publiées par Wikileaks. »

    Dans le genre, en France, Owni.fr est immédiatement monté au front. Dès lundi matin, le site français de « journalisme digital » lançait une opération spéciale. Une vingtaine de personnes, dont une dizaine dans ses bureaux parisiens, se sont retrouvées autour d’un projet commun : dépiauter les données, et notamment celles qui concernent la France. Un travail de titan rendu public au fur et à mesure des avancées, et mieux que ça encore : une application doit être proposée dans les prochaines heures (cf. copies d’écran) à quiconque voudra participer à la Grande Chasse A La Donnée Brute [1]. Objectif de cette application : « Montrer aux utilisateurs la réalité de la guerre en Afghanistan en leur donnant accès aux communications de l’armée US publiées par Wikileaks. » Comme le dit Nicolas Kayser Bril d’Owni.fr : « je crois qu’on a arrêté de se positionner par rapport aux médias classiques ;-) Nous sommes en concurrence pour produire du journalisme de qualité. Nous n’utilisons pas les mêmes outils et nous n’avons pas forcément les mêmes ambitions en termes de satisfaction des utilisateurs (dans le sens où l’on ne cherche pas à leur dire quelque chose, mais à ce qu’ils apprécient nos contenus). » [2]. Slate.fr, Le Monde Diplomatique et d’autres publications, y compris non françaises, pourraient partager ce partage.

    La Vieille presse AVEC Internet
    (ou la consécration du fanzinat)

    L’affaire des warlogs n’aurait, évidemment, pas eu le même retentissement sans l’alliance presse écrite/internet. Selon Libération, « cette stratégie permet à Wikileaks de jouer sur deux tableaux : elle donne d’abord un retentissement bien plus important à son travail, mais lui permet également de se « protéger » des remontrances de l’administration américaine. »

    Pour d’autres, l’accord Wikileaks et NY Times/Guardian/Spiegel signe que l’information sur Internet a encore besoin de béquilles — et tous les pure-players vous le diront : sans ce qu’on appelle des « reprises » de leurs informations (par l’AFP, sur les matinales radiophoniques, par des télés ou des journaux), les pure players ont encore du mal à se faire entendre, du moins de ce côté-ci de l’Atlantique.

    L’ampleur des warlogs balaye ces deux réserves. C’est en effet bien plus que la recherche d’un adoubement, et bien moins qu’un signe d’impuissance, que révèle cette alliance. C’est tout simplement l’avenir de l’information qui se joue en direct. D’un côté, l’avènement du Net ; de l’autre l’intelligence de quelques rédactions qui saisissent que la donne a changé.

    Hier, lors de sa conférence de presse londonienne, Julian Assange a précisé les dessous de l’opération. Un, il n’y a eu aucun accord commercial entre les parties. Deux : « nous ne pouvions évidemment pas avoir une coalition journalistique trop importante... Alors, nous nous sommes focalisés sur trois ou quatre médias. Nous pouvions réellement nous réunir dans une même pièce et nous mettre d’accord sur toutes les conditions [de publication]. Et pour faire simple, à l’exception de certaines publications en français, les trois meilleurs journaux d’investigation papiers sont The New York Times, Der Spiegel, et The Guardian. »

    D’une certaine façon, la victoire du Wiki est une nouvelle étape dans ce que j’appelle l’avènement du fanzinat — et, à mes yeux, rien n’est plus beau que ces publications passionnées venues du rock et du polar dans les années 70. Avènement du fanzinat ? Absolument. Il suffit de voir les tailles des rédactions et les chiffres de ventes, se réduire sans cesse, dans le monde entier. Il suffit de lire les interviews de Julian Assange, animé par cet esprit indie rock. Il suffit de constater comment, aujourd’hui, l’information circule ; comme avant le Rock se propageait : do it yourself et compagnie ; un garage band peut devenir Nirvana. Ou plus exactement : l’un et l’autre, c’est la même chose. On passe de l’un à l’autre, sans se soucier des chiffres d’affaire. Seule compte l’info, comme avant le son. Fanzinat, aussi, que ces coûts réduits de publication qu’offre Internet, et l’imagination au pouvoir portée par certains (pas assez, hélas). Cf. point suivant.

    « Warlogs » façon Owni.fr
    « Une interface permet de commenter chacune des entrées, de manière à ce que les internautes disposant d’une expertise puisse expliquer les évènements décrits dans les communications et enrichir les informations. Une telle démarche participative, outre qu’elle permet d’ajouter des informations à la base de donnée, rapproche également les utilisateurs de la marque puisque vous créez quelque chose ensemble. »

    Une carte de l’information redessinée

    C’est haut la main le Guardian qui a poussé le plus loin l’intégration du Net dans son travail (profondeur et stockage des données ; orchestration visuelle ; interactivité, etc). Sa carte des warlogs est un modèle du genre, un char d’assaut interactif, probablement l’arme de données massives la plus efficace jamais mise en ligne. Pour les tenants du data-journalism, c’est beau comme l’invention de la poudre à canon. Au téléphone, un ami me disait hier soir : « cette carte, c’est la mort de la presse papier, et c’est plus efficace que la télé ». Ce qu’il y a de bien dans les amis, c’est quand ils pensent plus loin que vous.

    Avec sa Googlemap, ses points colorés (tirs amis, tirs afghans, victimes civiles, etc), qui renvoient à des dates et ces dates à des fiches (les fameux logs, ici 300 géolocalisés), le Guardian fusionne ce qu’il est — le rigueur même — avec l’inventivité de l’outil et de l’époque.

    Chapeau et casque bas.

    P.-S.>

    A lire également :

    • Pourquoi les journaux de guerre Afghans n’ont pas été publiés aussi en France (Observatoire des médias)
    • Wikileaks devient adulte (Slate.fr)
    • Comment WikiLeaks embringue la presse traditionnelle (Rue 89)
    • Afghanistan : Wikileaks et les archives secrètes de l’armée US (Arrêt sur image)
    • Wikileaks remplace-t-il la presse en Afghanistan ? (ReadWriteWeb FR)

    Notes

    [1] Cette « application d’enquête contributive européenne » est en ligne depuis mardi 27 juillet, 16h, soit deux heures après la publication de cet article. Elle est disponible sur owni.fr

    [2] correspondance email du 27 juillet 2010 avec Nicolas Voisin et Nicolas Kayser Bril, d’Owni.fr

    Pour @davduf, les warlogs marquent l'entrée du journalisme de données sur le devant de la scène.
  • July 28, 07:33 AM

    The ASC: 3-D, 3-D, 3-D, in All Directions « John Bailey's Bailiwick

    Shared by livingdancing
    Le cinéma 3D doit trouver sa grammaire: lecture très recommandée d'un opérateur.
  • July 16, 06:06 AM

    Ryan Adams - Metalboy

    ...
    Venant d'un autre, tout cela semblerait fort incongru. A-t-on idée de se mettre subitement au metal, lorsque l'on n'a ni l'expérience ni (surtout) le public qui va avec ? Oui, si l'on est capricieux. Ou fou. Ou stupide. Ou qu'on s'appelle Ryan Adams et qu'on n'a rien, mais alors strictement rien à foutre de vendre des disques ou de saturer le marché en produisant trois fois plus que son label ne peut écouler. Ryan Adams s'est fait depuis longtemps une habitude de surgir là où on ne l'attend pas, pour le meilleur parfois, pour le pire aussi, souvent, au fil des ans et d'albums - reconnaissons-le même si on adore le personnage - de moins en moins passionnants. Et puis avec Orion, il faut le dire, Ryan Adams réalise sans doute aussi un vieux rêve. Un album de metal, de Sci-fi metal (sic), même, graisseux comme il faut, avec un bassiste imaginaire au patronyme crypté (*) et un artwork signé par Michel "Voivod" Langevin. Il y a là-dedans comme une envie de redevenir un peu gosse sur les bords.

    Les amateurs s'en souviennent d'ailleurs sûrement : à ses débuts, lorsqu'on lui demandait quels étaient ses artistes préférés, le jeune Ryan Adams répondait systématiquement "Voivod et Slayer", là où le journaliste s'attendait généralement à ce qu'il lui ressorte Dylan, Springsteen et tout la white-list folk'n'rollement correcte. Loin du caprice de rockstar, l'idée de jouer du metal hante Adams depuis bien des années. Son tout premier groupe - encore avant Whiskeytown - louchait d'ailleurs vers le hars 70's. Il y a quelques années encore, la rumeur d'un supergroupe de metal formé avec James Iha, Jesse Malin et Melissa Auf Der Maur agitait le landernau indie. Orion lui-même était annoncé depuis facile trois ou quatre ans, sous le pseudonyme de Werewolph. Sa sortie cette année, uniquement online ou en vinyle via son site officiel, a un faux air de symbole, lorsqu'on se souvient que le même Ryan Adams avait déclaré l'an passé vouloir prendre une retraite largement méritée (vu qu'il a sorti plus de chansons entre ses vingt et trente-cinq ans que beaucoup d'artistes sexagénaires). Voilà donc le genre de retraite à laquelle papi Ryan aspirait : en dehors des circuits traditionnels, en faisant ce qu'il veut comme il veut. Si l'on considère qu'il a ce jour publié à peu près autant d'albums officiels que de non officiels trainant sur des bootlegoblogs rarement inquiétés par la justice... il n'est pas interdit de penser qu'il a toujours plus ou moins tendu vers cela.

    C'est bien mignon mais cet album, alors ? Eh bien, sans surprise, Orion sonne comme... du Ryan Adams très énervé. Pas bien éloigné des morceaux les plus couillus de son répertoire habituel, quoique produit de manière très roots par le vieux compère Jamie Candiloro (qui avait déjà produit - dans des registres pour le moins différents - Easy Tiger et l'EP Follow the Lights). On s'en doutait un peu, l'album confirme que le metal qui excite l'imaginaire d'Adams est plus hard que black, pour ne pas dire que ce disque sonne souvent plus comme du hardcore 80's ("Defenders of the Galaxy", au hasard). L'ensemble est plutôt brut de décoffrage, le chanteur éructe tout ce qu'il peut, et à part un ou deux titres assez moyens (comme par hasard ceux où Orion s'écarte de sa ligne éditoriale) laissant supposer que cet opus a peu de chances de bouffer des parts de marché à Josh Homme, il faut bien reconnaître que c'est étonnamment efficace, entre clins d'œil appuyés (à Black Sabbath, à Voivod) et grosse patate sans prise de tête. Ce qui est d'ailleurs, sans doute, le véritable défaut de cet album... voire de toute l'œuvre de Ryan Adams : on a l'impression qu'il est incapable de vraiment prendre cette parenthèse hard-rock au sérieux, et il manie tellement bien l'ironie et la référence que l'on finit parfois par ne plus savoir si cela relève de l'hommage ou de la parodie cruelle et un peu gratuite. On se souviendra qu'en 2003, le même Adams avait publié un album de grosse pop clinquante sarcastiquement nommé Rock'n'Roll, dans lequel il parodiait parfois explicitement le revival rock d'alors, n'hésitant pas à ridiculiser les Strokes (pourtant censés être des amis à lui). On a du mal à ne pas y penser en écoutant Orion, qui semble parfois s'éclater à tourner en dérision les Wolfmother et compagnie, et qui ménage tellement les ambiguïtés qu'on finit par ne plus trop savoir si c'est du lard ou du cochon. Le reproche n'est pas nouveau (il remonte peu ou prou à Rock'n'Roll, justement) : même lorsqu'il est tout à fait légitime pour se prêter à un tel exercice de style, le Ryan, trop ironique, trop cynique, peine à convaincre de sa sincérité. On apprécie bien sûr les qualités d'Orion, mais on reste un peu circonspect. Et on ne peut s'empêcher, décidément, d'espérer qu'un jour ou l'autre, le Ryan Adams sans fard de Heartbreaker finisse par refaire surface.

     

    Orion, de Ryan Adams (2010)



    (*) Dale Dixon était le bassiste imaginaire de Black Flag sur My War (il s'agissait en fait de Greg Ginn lui-même).
  • July 27, 12:47 PM

    How to Easily Create & Share Feed Bundles In Google Reader

    Shared by livingdancing
    Export OPML sélectif dans GReader, suffisait de demander le bundle. #eureka

    How to Easily Create & Share Feed Bundles In Google Reader

    February 23, 2010

    Problem : Your friend wants to know which are the technology feeds you follow. He also wants to quickly subscribe to those feeds in his feed reader. How do you do it ?

    A simple way to share feeds is exporting the corresponding OPML file. However, not every feed reader gives you the option to selectively export OPML files.

    Until now, in Google Reader you could selectively export feeds by making a folder public or by exporting its OPML file. However, sometime back Google Reader launched a  feature called Feed Bundles that simplified the task of sharing feeds from Reader.

    It is very easy to create bundle in feed reader. You can create them and share it with your friends so that they could subscribe and take advantage of the feeds you read.

    Here are the steps to create a feed bundle and share it in reader.

    Export OPML sélectif dans GReader, suffisait de demander le bundle. #eureka
  • July 27, 11:51 AM

    Amanda Palmer Performs The Popular Hits Of Radiohead On Her Magical Ukulele | Amanda Palmer

    Shared by livingdancing
    J'écoute ça et j'ai même pas honte. Amanda Palmer, un ukulélé, Radiohead. Des kilos de nostalgie.
    1. Fake Plastic Trees 2. High And Dry 3. No Surprises 4. Idioteque 5. Creep (Hungover at Soundcheck in Berlin) 6. Exit Music (For A Film) 7. Creep (Live in Prague) Released 20 July 2010. J'écoute ça et j'ai même pas honte. Amanda Palmer, un ukulélé, Radiohead. Des kilos de nostalgie.
  • July 22, 07:58 PM

    Les concerts de l’été avec Rue 89

    Place à la musique sur Ina.fr ! Chaque vendredi, en partenariat avec Rue 89, découvrez un concert extrait de Pop 2, émission culte présentée par Patrice Blanc-Francard et diffusée au début des années 70 sur l’ORTF.

    Aujourd’hui, hommage à la diva de la Soul Music! C’était le 21 juin 1971, Aretha Franklin se produisait sur la scène  de l’Olympia avec le grand saxophoniste King Curtis.


  • July 26, 06:36 AM

    Afghanistan: The war logs | World news | guardian.co.uk

    Shared by livingdancing
    A faire aujourd'hui, s'ébaubir sur le traitement guardian des wikileaks afghanes et pleurer sur le reste.
    Internal US intelligence records for Afghanistan reveal civilian killings, 'friendly fire' deaths, shadowy special forces and Taliban's casual slaughter of the population - a Guardian special investigation A faire aujourd'hui, s'ébaubir sur le traitement guardian des wikileaks afghanes et pleurer sur le reste.

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  • July 18, 12:05 PM

    Caribou – «Andorra», chronique radio (1 octobre 2007, Les Bruits du Frigo, Radio Cité)

    Chronique de l’album de Caribou qui l’a propulsé – à raison – dans les oreilles du grand public.
    Animation, Pascal Knoerr.

    Caribou, Andorra, City Slang

    Diffusé le 1er octobre 2008 dans les Bruits du Frigo sur Radio Cité
    Photo CC BCY-NC-SA LiminalMike


    Tagged: Andorra, Bruits du Frigo, Caribou, Radio
  • July 16, 04:03 PM
  • July 16, 01:53 PM

    Friendly Fires – «s/t», chronique radio (9 février 2009, Les Bruits du Frigo, Radio Cité)

    Chronique de l’excellent premier disque des Friendly Fires, album également traité dans les colonnes du Courrier.

    Bruits Du Frigo 9 Février 2009, Friendly Fires by Bruits Du Frigo
    Download now or listen on posterous

    Bdf20090209BenFriendlyFires.mp3 (23564 KB)

    Diffusé le 9 février 2009 dans les Bruits du Frigo sur Radio Cité
    Photo CC BY-NC Kevin M. Murphy


    Tagged: Friendly Fires, Radio
  • July 16, 11:57 AM

    Carton Plein (Friendly Fires, «s/t») (7 mars 2009, Le Courrier)

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    Friendly_Fires_-_Paris_(Aeroplane_Remix).mp3 (18118 KB)

    Friendly Fires – Paris (Aeroplane Remix, feat. Au Revoir Simone)

    Paru le 7 mars 2009 dans Le Courrier
    Photo CC-BY-NC-ND jcbehn


    Tagged: Friendly Fires, Le Courrier
  • July 12, 11:21 AM

    Les itinéraires musicaux du Genevois Eric Gaudibert (23 octobre 2009, Le Courrier)

    PROPOS RECUEILLIS PAR BENOIT PERRIER

    COMPOSITION – Le musicien genevois est à l’honneur dimanche. Un concert lui est consacré qui revient sur ses traces multiples.

    «J’ai une vie très rangée», plaisante le compositeur Eric Gaudibert dans son studio du Rondeau de Carouge. Il sourit, expliquant qu’un lieu de travail spécifique prémunit contre les «préoccupations» d’un métier «d’obsédés». Dimanche, le Conservatoire fera entendre au public le produit de son «travail d’ascèse».Veveysan formé à Lausanne et Paris, le musicien a eu une triple carrière: pianiste jusqu’à 33 ans, il s’est ensuite tourné vers l’enseignement et la création. A Genève, il a longtemps donné au Conservatoire populaire l’analyse, l’harmonie au piano et la composition; avant de remodeler la classe de composition de la Haute Ecole de Musique. Aujourd’hui à la retraite, il continue à écrire. Un disque paraît, un concert le met à l’honneur. Rencontre.

    Est-ce le compositeur que l’on fête, dimanche?
    En partie. Ce concert sert deux buts. D’abord vernir l’enregistrement consacré à mes oeuvres, mais aussi revenir sur mon parcours d’enseignant. C’est donc l’orchestre du Conservatoire populaire qui jouera la première pièce, une composition aisée à aborder pour ces jeunes musiciens. Albumblaetter sera, lui, joué par deux flûtistes de la Haute Ecole Quant à Laurent Estoppey et deux de ses élèves, ils forment pour l’occasion un trio de saxophones.

    Et votre carrière d’interprète, l’évoquera-t-on?
    Oui, je jouerai Vénescence avec René Meyer, le clarinettiste de Contrechamps. L’oeuvre a une partition graphique et suppose l’improvisation. Elle remonte à 1973, avec une dimension électroacoustique: un simple delay (le son joué par les instrumentistes est reproduit avec un décalage, ndlr). A l’époque on le produisait avec deux énormes magnétophones Revox. Entre eux, 3 mètres 80 de bande qu’il fallait faire circuler de l’un à l’autre!

    Avez-vous continué dans la direction de l’électroacoustique?
    J’ai cessé, pensant en avoir fait le tour. De plus, les traitements complexes nécessitaient un investissement énorme. Les ordinateurs d’alors étaient rares et gigantesques; Xenakis passait des nuits dans les centres informatiques que lui prêtaient de grandes entreprises.
    Mais vingt ans après, à la Haute Ecole de Musique, j’ai vu que les étudiants compositeurs disposaient d’outils «portables». J’écris donc des pièces avec traitement direct.

    Quelle place y ménagez-vous aux instrumentistes?
    L’interprète doit, pour moi, être au centre, pas le seul «déclencheur» d’une cascade de sons. Sans compter que les musiciens se réjouissent qu’on leur donne des «responsabilités», qu’il s’agisse de choix à opérer, de segments improvisés ou qu’on requière d’eux une extrême virtuosité.

    Et vos maîtres, qui étaient-ils?
    En tant qu’interprète, Alfred Cortot dont j’ai suivi les cours publics et quelques leçons privées. Pianiste, chef d’orchestre, il était la figure du musicien complet. Mais surtout il avait une vision artistique qui dépassait la simple musique, c’était ainsi un grand collectionneur d’art. En tant que compositeur, Henri Dutilleux. J’étais de ses premiers élèves et j’ai travaillé avec lui. Il m’a transmis du «métier» – en matière d’orchestration, notamment – et une attitude: travailler lentement et avec exigence.

    «Autour d’Eric Gaudibert», di 25 octobre, Conservatoire de Musique (Place Neuve), à 17h projection d’un «Plans-Fixes» consacré au compositeur, concert à 18h.
    CD «Océans», Gallo/VDE-Gallo.

    Paru le Vendredi 23 Octobre 2009 dans Le Courrier


  • July 11, 04:31 AM

    La très digne élégie du quotidien (16 mars 2010, Le Courrier)

       BENOÎT PERRIER    

    GENÈVE – William Sheller, très en voix, figurait vendredi au programme de Voix de fête. Performance mémorable d’un artiste singulier.
    On aurait souhaité que le temps s’arrête dans le sillage de «Basketball», l’un des sommets du concert en solo que donnait William Sheller vendredi. A Annemasse, dans le cadre du Festival Voix de fête, cette chanson semblait résumer une performance magnifique. Le musicien français introduisait le titre («pour s’épanouir, il faut insister»), avant de le défendre avec une aisance virtuose et une intensité constante. Le reste du récital était à l’avenant, un sans-faute qui a transporté la salle de Château-Rouge.

    Très loin des modes

    Cette configuration, seul sur scène à son piano, le grand public l’a découverte sur l’album Sheller en solitaire, porté par le titre «Un Homme heureux». Or ce qui était déjà palpable en 1991 se confirmait vendredi: très loin des modes, portées par une écriture singulière et rigoureuse, les chansons de William Sheller ne vieillissent pas. L’homme est friand d’arrangements élaborés, mais ces versions piano-voix «se tiennent» parfaitement, dévoilant une échine à la fois robuste et raffinée, digne et touchante. A la barre d’un Steinway qui paraît hésiter entre une extension de lui-même et une barque de laquelle il mènerait notre rêverie, il donne une vingtaine de titres, d’une force rare, de toute évidence des classiques.
    L’exécution n’est pas en reste et, les deux premiers numéros passés, on admire les aptitudes vocales de ce fan des Beatles qui va sur ses soixante-quatre ans. Sur «Basketball» justement, sa voix s’impose, remplit la salle et fait frissonner quand elle s’affaiblit délibérément. Modulant ses effets, Sheller s’éloigne pourtant de toute volonté de démonstration. Parfois croit-on le surprendre se chanter pour lui-même, parfois passe-t-il des souvenirs, que la distance teinte de nostalgie. On est surpris par l’impact de ses textes à la fois intimes et pudiques, à l’instar, peu avant la fin du concert, du gracile «Centre ville».

    Triomphe complice

    On retiendra encore «Simplement» et son parlé-chanté, la poésie urbaine sur piano martelé des «Filles de l’aurore» et, logiquement, «Un Homme heureux». «Je ne vais pas partir sans vous la faire», s’amuse son auteur, offrant quelques minutes que la salle emportera longtemps avec elle. On apprécie l’engagement que le chanteur suscite chez le public, l’espace d’écoute qu’il ménage. On parlerait de sincérité si des escrocs n’avaient flétri le terme. Vendredi, William Sheller a reçu un triomphe complice et un respectueux plébiscite. On a admiré l’alliage, plus humble qu’on pourrait le penser, de la maîtrise et de la proximité. La marque d’une certaine classe.

    Paru le 16 Mars 2010 dans Le Courrier.
    Photo Le Soir

     


  • July 11, 02:37 AM

    Tout l’univers (Simon Bookish – Everything / Everything) (7 février 2009, Le Courrier)

    CD • POP D’AVANT-GARDE

    Une sensation surgie de nulle part que ce «studieux Simon»: après deux albums composés sur laptop, le voilà qui cède aux sirènes de la musique électronique (dans la forme, les procédés) réalisée avec des instruments acoustiques. Périlleuse tentation, sauf qu’il se tire brillamment de ce piège en faisant jouer ses spécificités. Lesdits instruments sont en effet principalement des cuivres, qu’il utilise à la manière des minimalistes américains, en ondulations obstinément répétées (on pense beaucoup à Philip Glass). Mais surtout, le tout est au service d’une pop exploratoire, de véritables chansons aux textes intrigants et d’une rare qualité. Si l’on ajoute qu’ils sont servis par une voix d’une évidence rare (quelque part entre Brett Anderson et Neil Hannon), on en conclut nécessairement que ce recueil est fort recommandé.
    BENOÎT PERRIER SIMON BOOKISH, EVERYTHING / EVERYTHING, Tomlab

    Paru le 7 février 2009 dans Le Courrier


  • July 10, 05:09 PM
  • July 10, 11:15 AM
  • July 10, 10:32 AM
  • July 10, 09:28 AM

    Du dub dans le ravin (Walter Becker – «Circus Money») (13 décembre 2008, Le Courrier)

    POP

    C’est toujours un événement pour le mélomane que de retrouver Steely Dan ou l’une de ses émanations. Ici, son guitariste et co-compositeur Walter Becker présente son deuxième album solo et, innovation 2008, accorde son harmonie jazz et son écriture acérée à des volutes dub, ma foi plutôt crédibles. L’extrême musicalité (perfectionnisme du bonhomme oblige) est évidemment au rendez-vous. Pourtant, Becker et ses musiciens prennent un pied énorme dans des sections «minimales», qu’ils accouplent ensuite à des refrains envoûtants. Déconcertant et insaisissable à la première écoute, le recueil se révèle, après un temps, hypnotiquement addictif. Il est surtout touchant d’entendre la voix de Becker – peut-être la révélation de l’album, on l’entendait peut dans Steely Dan – confidente, alanguie ou défaite, bien plus qu’une «voix de guitariste». Entre humour noir et chansons à tiroir, cette très bonne surprise regorge de compositions mémorables, à l’instar de l’élégiaque et doux-amer Downtown Canon.

    BENOÎT PERRIER
    WALTER BECKER, CIRCUS MONEY, SONIC360

    Paru le 13 décembre 2008 dans Le Courrier


  • July 09, 12:07 PM
  • July 29, 12:27 PM

    Setting the record straight.

    And maybe that’s why I’ve ended up doing what I’ve done so far with my life, which Bob Quine called me up one day and summarized: “I’ve figured you out. Every month you go out and deliberately dig up the most godawful wretched worthless unlistenable offensive irritating unnerving moronic piece of horrible racket noise you can possibly find, then sit down and write this review in which you explain to everybody else in the world why it’s just wonderful and they should all run right out and buy it. Since you’re a good writer, they’re convinced by the review to do just that—till they get home and put the record on, which is when the pain sets in. They throw it under the sink or somewhere and swear it’ll never happen again. By the next month they’ve forgotten, but you haven’t, so the whole process is repeated again with some other even more obnoxious piece of hideous blare…. You know, I must say, I have to admit that’s a noble thing to devote your entire life to.”

    L’immortel Lester Bangs dans Untitled, from Untitled Notes, 1981. Qu’on peut naturellement trouver dans Psychotic Reactions and Carburetor Dung (Random House, 1987). Go buy it and see the light!


  • July 28, 04:21 PM

Posts

Profile

Benoit Perrier

Secrétaire de rédaction et pigiste, Le Courrier; Rédacteur responsable, Place Neuve; Chroniqueur, Bruits du Frigo
Newspapers | Geneva Area, Switzerland, CH

Summary

Journaliste et critique au Courrier depuis 2008, je participe à aux Bruits du Frigo depuis 2006 (sur Radio Cité puis sur Fréquence Banane). Je suis également secrétaire de rédaction au Courrier et rédacteur responsable de Place Neuve, publication de la Haute Ecole de Musique et du Conservatoire de Genève
Je recherche un stage RP ou un poste de journaliste.
Specialties: Musique contemporaine écrite, pop, électronique, et hip-hop. Journalisme local. Journalisme culturel. Actualité de la technologie et des réseaux sociaux. Presse écrite quotidienne, magazine et radio.

Experience

  • Feb 2010 - Present

    Editionneur (secrétaire de rédaction) / Le Courrier

    Editionneur au Courrier à temps partiel. Secrétariat de rédaction: relecture, correction, titraille et mise en pages des articles. Ecriture de la une et des affiches du Courrier.
  • Nov 2009 - Present

    Rédacteur mandataire / Haute Ecole de Musique, Genève

    Travail de rédaction pour la HEM.
  • Nov 2009 - Present

    Chroniqueur Musique / Fréquence Banane Genève

    Chroniqueur pop, rock US et musiques électroniques dans les Bruits du Frigo, le samedi de 19 à 20 heures sur Fréquence Banane.
  • Feb 2009 - Present

    Rédacteur Responsable "Place Neuve" / Conservatoire de Musique de Genève + Haute Ecole de Musique de Genève

    Rédacteur responsable de "Place Neuve" bisannuel du Conservatoire de Musique et de la Haute Ecole de Musique de Genève.
    Rédaction, correction, collaboration avec la fabrication et les auteurs.
  • Feb 2008 - Present

    Pigiste Musique Contemporaine / Le Courrier

    Contribution régulière d'articles sur la musique contemporaine. Annonces de concerts. Chroniques de disques.

    Fourniture d'articles et de chroniques de disques sur la musique pop et électronique.
  • Sept 2009 - Oct 2009

    Journaliste remplaçant / Le Courrier

  • Aug 2009 - Sept 2009

    Stagiaire en rubrique culture / Le Temps

  • Jun 2009 - Aug 2009

    Editionneur remplaçant / Le Courrier

  • Jul 2009 - Jul 2009

    Journaliste remplaçant / Le Courrier

  • Apr 2006 - Jun 2009

    Chroniqueur/Animateur - Les Bruits du Frigo / Radio Cité

  • Mar 2009 - May 2009

    Stagiaire rubrique locale / Le Courrier

  • Oct 2007 - Aug 2008

    Collaborateur Administratif / Haute Ecole de Musique, Genève

  • Jan 2007 - Jun 2007

    Collaborateur Administratif / Ville de Genève

  • Jul 2005 - Dec 2006

    Assistant (Coordinateur Administratif) / Ville de Genève

Education

  • Université de Geneve